Salaires: Vers un climat social plus tendu en 2016?

ENTREPRISES C’est la mise en garde qu'effectue le réseau spécialisé dans les ressources humaines Entreprise & personnel dans sa note annuelle de conjoncture sociale...

B.D. avec AFP

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Des manifestants descendus dans la rue à l'appel de la CGT, de la FSU et de Solidaires, pour réclamer des hausses de salaires et défendre l'emploi, le 8 octobre à Paris
Des manifestants descendus dans la rue à l'appel de la CGT, de la FSU et de Solidaires, pour réclamer des hausses de salaires et défendre l'emploi, le 8 octobre à Paris — DOMINIQUE FAGET AFP

Des tensions salariales sont à craindre l’an prochain. Après une année 2015 qui a vu une « progression des conflits salariaux », ceux-ci devraient être plus fréquents en 2016, selon la note annuelle de conjoncture sociale du réseau spécialisé dans les ressources humaines Entreprise & personnel, publiée mardi.

« Nous insistons sur les risques dans les grandes entreprises de tensions salariales » dont les premières manifestations « se sont traduites » dans les négociations annuelles obligatoires (NAO) 2015, soulignent les auteurs de cette note intitulée Le dialogue social à l’épreuve. Comme « on sort petit à petit de la crise », les salariés « vont moins hésiter à s’engager dans le conflit collectif qu’il y a 18 mois », ont indiqué Michèle Rescourio-Gilabert et Jean-Pierre Basilien lors de la présentation de la note à la presse.

Un conflit « souvent dur » et moins régulé au niveau syndical

Autour du travail - conditions d’exercice, charge de travail, numérique - « se cristallisent aussi beaucoup de tensions », selon eux. Et quand il y a conflit, « il est souvent dur », moins régulé au niveau syndical, disent-ils. Évoquant le mouvement des taxis ou des paysans, ils notent que « le rapport de force sur le terrain finit par payer » quand l’État est impliqué.

Au niveau national, ils dressent le constat d’un « fossé (qui) se creuse », aussi bien politiquement que syndicalement, entre « deux points de vue rationnellement irréconciliables » avec « des messages extrêmement clivants » : pour ou contre la réforme du code du travail, pour ou contre le dialogue social dans l’entreprise…

Radicalisation

Côté syndical, ils notent une « radicalisation des deux camps » entre les syndicats dits réformistes (CFDT, CFE-CGC, Unsa) et les contestataires, gardiens du « statu quo » (CGT, FO, Solidaires). Dans ces conditions, comment est-il possible dans des négociations d’avoir un « diagnostic partagé », se demandent-ils, soulignant qu’on n’a « jamais eu des organisations syndicales aussi dispersées ».

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Sur la réforme du droit du travail, qui doit être présentée ce mercredi afin de donner plus de souplesse aux entreprises, ils estiment que « globalement, la flexibilité à la française existe » déjà avec la sécurisation des licenciements collectifs, la facilitation des ruptures conventionnelles (avec un record de 165 800 ruptures homologuées en un semestre), l’assouplissement des CDD (possibilité de renouveler deux fois le contrat) et l’intérim.