Impôts, retraite, logement... Comment les mesures Hollande ont-elles impacté votre niveau de vie?

SOCIAL La baisse du quotient familial, la hausse des cotisations retraites ou encore le gel des aides au logement ont eu des conséquences, révèle une étude...

Céline Boff

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Argent, illustration
Argent, illustration — Joel Saget AFP

Réduire le déficit public du pays sous peine d’être sanctionné par Bruxelles. Telle était l’an dernier la cible n°1 du gouvernement français. Pour atteindre cet objectif -qui reste d'actualité - l’exécutif a mis en place une série de nouvelles mesures, comme la baisse du quotient familial, la hausse des cotisations retraites ou encore le gel des aides au logement.

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Mais quel a été l'impact de ces décisions sur le niveau de vie des Français ? C’est ce qu’ont cherché à savoir l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).

Pour y parvenir, ils ont créé un modèle permettant d’établir quel aurait été le revenu disponible des ménages en 2014 si le gouvernement n’avait pris aucune mesure. Puis ils l’ont comparé avec la situation réelle de ces foyers. Résultat : les décisions gouvernementales ont amputé le niveau de vie des ménages de -0,5 %, selon les conclusion publiées ce mercredi dans l'étude France, Portrait social 2015.

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43 euros en moins par mois pour les plus riches

Mais il s’agit là d’une moyenne. Les conséquences ont été très différentes selon les revenus des familles. Ainsi, le niveau de vie des 10 % les plus pauvres, c’est-à-dire celles qui vivent avec moins de 754 euros par mois*, n’a pas changé. Et ce, grâce à la revalorisation exceptionnelle du RSA et du minimum vieillesse.

Plus généralement, les mesures ont eu peu d’effet sur les ménages les plus modestes, c’est-à-dire ceux qui vivent avec moins de 1.625 euros par mois. A l’exception notable des foyers disposant de 755 à 1.065 euros, qui ont vu leur niveau de vie baisser de -0,2 %, « parce qu’ils sont moins concernés par la revalorisation des minima sociaux et qu’ils ont été touchés par le gel des aides au logement », détaille Marie-Cécile Cazenave, de la Drees.

Ce sont surtout les 50 % des Français les plus aisés qui ont été frappés par les mesures. Et plus ils gagnent, plus ils sont impactés : si les personnes disposant de 1.816 euros ont vu leur niveau de vie baisser de -0,4 %, celles qui ont 2.335 euros enregistrent une baisse de -0,7 % et celles qui disposent de 4.827 euros, de -0,9 %. Dans les faits, cela se traduit par une perte respective, pour chacune de ces personnes, de 4, 13 et 43 euros par mois*.

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Réduction des inégalités

La faute principalement à la hausse des cotisations retraite, qui a frappé près de 18 millions de ménages, et à celle des impôts, qui a touché 13 millions de foyers, notamment en raison de la fiscalisation des mutuelles d’entreprise. A l’inverse, seuls 3,8 millions de ménages ont vu leurs prélèvements baisser.

Les familles les plus aisées, soit celles percevant au moins 3.250 euros pour un couple avec un seul revenu et 4.000 euros pour un couple avec deux revenus ou pour un parent isolé, ont également été pénalisées par la réforme de la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE), qui a divisé par deux le montant de l’allocation perçue.

Au final, si les réformes Hollande ont pénalisé les 50 % des ménages les plus aisés, tout en épargnant les 10 % les plus pauvres, « elles ont permis de diminuer légèrement les inégalités de niveau de vie », avance Cécile Cazenave.

*Attention : les montants donnés n’expriment pas des revenus perçus mais le niveau de vie évalué. Celui-ci correspond à l’ensemble des revenus (provenant du salaire, du patrimoine, des prestations sociales, etc.) auxquels l’on retire les impôts, le tout rapporté au nombre de personnes composant le foyer (en équivalent adultes, et non en nombre de personnes). Par exemple, une famille de quatre personnes qui dispose de 1.000 euros par mois après impôts a un niveau de vie de 435 euros.