Jeux sur mobile: Activision Blizzard croque King et son «Candy Crush»

JEUX VIDÉO Les bonbons multicolores sont avalés par l'éditeur américain de «Call of Duty»...

20 Minutes avec AFP

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Un utilisateur de tablette joue à Candy Crush
Un utilisateur de tablette joue à Candy Crush — Philippe Huguen AFP

Activision Blizzard, l’éditeur américain d’un des jeux vidéo sur console les plus vendus au monde, « Call of Duty », prend résolument le virage du mobile en avalant les populaires bonbons multicolores de « Candy Crush ».

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Activision a annoncé lundi soir le rachat de King Digital Entertainment, l’éditeur britannique de Candy Crush, pour environ 5,9 milliards de dollars, soit environ 5.35 milliards d’euros.

Nouveau géant mondial

L’opération va donner naissance à un nouveau géant mondial avec « plus d’un demi-milliard d’utilisateurs actifs dans 196 pays » et un portefeuille comprenant « 10 des marques les plus emblématiques au monde » dans le secteur des jeux vidéo, précise le communiqué.

« L’addition des activités très complémentaires de King va positionner Activision Blizzard comme un leader mondial dans le divertissement interactif, à travers le mobile, les consoles et les PCs, et positionner l’entreprise pour sa croissance future », ajoute-t-il.

Activision estime que l’acquisition devrait avoir un effet positif sur ses bénéfices dès 2016, l’aider à diversifier ses sources de revenus en exploitant l’expertise de King dans les micro-paiements à l’intérieur des jeux mobiles, et élargir son audience à un public plus diversifié, réunissant des joueurs chevronnés comme amateurs, hommes comme femmes, et vivant dans des pays développés comme sur des marchés émergents.

« Call of Duty », « Warcraft », « Diablo »

Le groupe américain édite une série de titres extrêmement populaires parmi les joueurs chevronnés sur consoles, comme « Call of Duty » dont un nouveau volet sort en fin de semaine, ou encore « Warcraft », « Diablo », « Skylander », et le plus récent « Destiny ».

King, créé en 2002, a, lui, bâti sa renommée sur des jeux sur smartphones moins sophistiqués mais qui séduisent un plus grand public. Souvent gratuits au départ, contrairement aux jeux traditionnels, ils proposent par la suite aux joueurs de payer pour obtenir des accessoires virtuels les aidant à progresser dans le jeu ou passer à une nouvelle phase quand ils sont bloqués. C’est aujourd’hui le segment du marché des jeux vidéo affichant la croissance la plus rapide, avec des revenus mondiaux qui devraient atteindre tous éditeurs confondus plus de 36 milliards de dollars d’ici fin 2015, souligne le communiqué.

L’éditeur britannique affiche toutefois des performances assez décevantes à la Bourse de New York, où il avait fait son entrée l’année dernière mais où les investisseurs se sont très vite inquiétés de sa grande dépendance à un seul vrai hit, Candy Crush. L’action King avait encore clôturé lundi à 15,54 dollars, bien en dessous de son cours d’introduction de 22,50 dollars.

Transaction bouclée d’ici au printemps 2016

L’offre d’Activision, qui a été validée à l’unanimité par les conseils d’administration des deux sociétés, offre une belle prime aux actionnaires actuels de King, puisqu’elle prévoit le versement de 18 dollars par action en numéraire. La transaction devrait être bouclée d’ici au printemps 2016, sous réserve du feu vert des actionnaires et des autorités compétentes.

Activision compte laisser King opérer comme une entité indépendante sous la direction de son patron actuel, Riccardo Zacconi, et de son directeur créatif Sebastian Knutsson, mais en lui apportant « de l’expérience, du soutien et de l’investissement pour continuer de bâtir sur leur incroyable héritage et atteindre un nouveau potentiel », explique Bobby Kotick, le directeur général du groupe américain.