Macron: les bons résultats d'Air France n'exonèrent pas des «efforts à faire»

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Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron le 5 octobre 2015 à Tokyo
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron le 5 octobre 2015 à Tokyo — TORU YAMANAKA AFP

Les bons résultats annoncés par le groupe Air France-KLM n'exonèrent pas des «efforts à faire» compte tenu de la concurrence des compagnies à bas coût et du Golfe, a estimé vendredi le ministre de l'Economie Emmanuel Macron.

«Les résultats d'hier sont de bons éléments, ils ont d'ailleurs été les mêmes chez beaucoup de concurrents d'Air France. Ils sont à la fois le résultat des premiers efforts faits et d'un environnement de marché, en particulier relatif au coût du kérosène, qui est plutôt favorable», a déclaré le ministre à des journalistes.

«Mais ils n'exonèrent surtout en rien des efforts à faire, compte tenu de la concurrence des compagnies à bas coût et de certaines compagnies du Golfe», a-t-il poursuivi.

Le groupe Air France-KLM, en plein bras de fer social, a affiché jeudi une nette embellie de ses résultats au troisième trimestre -avec 480 millions d'euros de bénéfice net contre 86 millions un an plus tôt- mais sa direction a mis en garde contre un effet conjoncturel, insistant sur une «indispensable» poursuite de la restructuration.

Cette annonce intervient alors que les discussions doivent en théorie reprendre la semaine prochaine avec les différentes catégories de personnels sur un possible retour pour 2017 à des négociations sur le plan de croissance «Perform».

Les négociations sur ce plan avaient échoué début octobre notamment sur la question de l'augmentation du nombre annuel d'heures de vol des pilotes pour un salaire égal et la compagnie a présenté le 5 octobre un plan de restructuration sur 2016 et 2017, dit «plan B», menaçant 2.993 postes.

«Notre rôle n'est pas de s’immiscer dans le dialogue social», a répété M. Macron alors que l'Etat est actionnaire à hauteur de 17,6% du capital d'Air France-KLM.

«Nous avons demandé que le comité ad hoc qui avait été prévu il y a quelques mois soit réactivé et puisse en gouvernance suivre de manière rapprochée autant que faire se peut le travail de la direction générale», a-t-il ajouté.

«C'est un comité de liaison qui n'est pas le conseil, n'a pas de pouvoir en propre, mais qui a des échanges plus réguliers avec la direction générale», a-t-il poursuivi citant parmi les membres de ce comité «des administrateurs indépendants sans doute un représentant des partenaires néerlandais et un représentant de l'Etat».