Bourse: entrée au rabais pour le groupe Showroomprivé

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Les deux dirigeants fondateurs de Showroomprivé, David Dayan (g) et Thierry Petit (c) et leur directeur financier Nicolas Woussen (d), le 9 septembre 2015
Les deux dirigeants fondateurs de Showroomprivé, David Dayan (g) et Thierry Petit (c) et leur directeur financier Nicolas Woussen (d), le 9 septembre 2015 — Florian David AFP

Le groupe français de déstockage en ligne Showroomprivé a vécu un début de cotation difficile vendredi avec une chute de son action, qui confirme la mauvaise passe pour les introductions en Bourse à Paris après l'échec cuisant mardi de Deezer.

Le titre a débuté la séance autour de l'équilibre mais s'est rapidement enfoncé au point de perdre plus de 10% après une heure de cotation.

Il a terminé la séance en repli de 9,64% à 17,62 euros, l'indice CAC 40 terminant sur une légère hausse de 0,24%.

Cette opération a fait figure de test après le report surprise et à la dernière minute mardi de l'entrée en Bourse de Deezer, pionnier du streaming musical, qui n'a pas réussi à boucler son projet de cotation, au motif de «conditions de marché» défavorables.

Après un premier semestre favorable, la fin d'année s'annonce agitée pour les entrées en Bourse, alors que des opérations de bien plus grande envergure sont encore à venir avec celles du gérant d'actifs Amundi et du spécialiste de la sécurité numérique Oberthur Technologies.

Le plongeon de Showroomprivé est une nouvelle preuve qu'il est difficile de séduire les investisseurs à l'heure actuelle sur la place de Paris.

La société, valorisée 660 millions d'euros, a vendu pour 226 millions d'euros d'actions lors de son introduction en Bourse, mais cette dernière a été réalisée au prix de 19,50 euros par action, soit le bas de la fourchette que l'entreprise s'était fixée.

Le groupe tablait au départ sur un prix de référence compris entre 19,50 euros et 26,30 euros, resserré ces derniers jours à entre 19,50 et 21,50 euros, signe de l'exigence des investisseurs qui n'étaient pas prêts à débourser trop d'argent dans cette opération.

Showroomprivé et la Bourse de Paris jouaient gros avec cette introduction en Bourse dont le coup d'envoi a été donné en grande pompe en présence du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, au siège de l'opérateur boursier Euronext vendredi matin.

- Macron relativise -

Le ministre a tenu à relativiser les difficultés actuelles sur le marché des introductions en Bourse.

«Il faut se coter au niveau le plus raisonnable pour avoir une bonne dynamique après l'introduction», a-t-il dit, ajoutant que «Deezer a eu raison», puisque, selon lui, «il vaut mieux reporter son introduction en Bourse que mal s'introduire».

Deezer a souffert de plusieurs annonces inquiétantes pour l'industrie naissante du streaming, entre mauvais résultats de la radio en ligne Pandora et du géant des vidéos en ligne Netflix, sans compter une forte concurrence dans les services d'écoute de musique sur abonnement, avec notamment le lancement d'Apple Music.

De son côté, si l'opération de Showroomprivé a été fraîchement accueillie par le marché, la société peut se targuer d'avoir mené son introduction jusqu'à son terme.

«Il y a de nombreuses introductions en Bourse qui ont été annulées, qui sont en passe de l'être ou qui sont restructurées, donc c'est en soi effectivement un succès», a commenté le co-fondateur de Showroomprivé, Thierry Petit, sur Radio Classique.

«La Bourse, c'est un moyen de gagner en visibilité, en notoriété pour attirer encore plus de partenaires, de marques, de talents. Et puis c'est un moyen d'avoir accès à du financement si on veut accélérer la croissance notamment à l'international ou via des croissances externes», a-t-il rappelé.

Showroomprivé a d'ailleurs levé 50 millions d'euros d'argent frais dans le cadre de son opération, ce qui permet de faire entrer à son capital la société chinoise de déstockage en ligne Vipshop Holding, qui détiendra entre 2 et 4%.

La société avait annoncé son intention d'entrer en Bourse en septembre, afin de gagner en visibilité, notamment à l'international, et d'accroître ses liquidités pour réaliser notamment d'éventuelles acquisitions.

Créé en 2006, son portail Showroomprive.com est le deuxième site français de ventes évènementielles en ligne derrière venteprivee.com.

Le site propose des ventes à durée limitée, issues des stocks d'invendus des grandes marques de mode, mais aussi d'ameublement et de beauté. Les démarques peuvent atteindre les -50 à -70%.

En 2014, il a réalisé un volume d'affaires de 480 millions d'euros (+40%) pour un chiffre d'affaires de 350 millions d'euros. Présent dans huit pays d'Europe, il compte 20 millions de membres et collabore avec 1.300 marques.