Retraites complémentaires: Ce qui va changer pour vous

PENSIONS Les premiers changements ne seront perceptibles qu'en 2016...

Delphine Bancaud

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Illustration d'un retraité à Hazebrouck, le 29 août 2013.
Illustration d'un retraité à Hazebrouck, le 29 août 2013. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le marathon s’est achevé ce vendredi. Après huit mois de négociations, le patronat et trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC) ont validé vendredi l’accord destiné à renflouer les caisses déficitaires des retraites complémentaires Agirc-Arrco. 20 minutes revient sur ses incidences pour les futurs retraités.

L’instauration d’un bonus-malus

Il sera applicable dès 2019 pour les salariés nés à partir de 1957. Ceux qui disposeront de toutes leurs annuités et voudront arrêter de travailler à 62 ans, l’âge minimum de départ à la retraite, verront leur retraite complémentaire (versée en plus de celle de la Sécurité sociale) amputer de 10 % pendant deux voire trois ans, avant d’obtenir une retraite à taux plein à 65 ans. Ceux qui choisiront de partir en retraite à 63 ans ne subiront pas de décote et toucheront toute leur pension complémentaire en plus de leur retraite générale. Et ceux qui accepteront de partir à 64 ans, verront leur retraite complémentaire majorée de 10 % pendant un an. Un bonus qui grimpera à 20 % pour trois ans de plus et 30 % pour quatre ans de plus.

Les personnes pouvant partir dès 60 ans (carrières longues) et celles devant travailler au-delà de 62 ans pour avoir toutes leurs annuités seront également concernées par ce système, qui s’applique au maximum jusqu’à 67 ans. En revanche, certaines personnes seront épargnées par le malus : il s’agit des retraités les plus modestes, exonérés de contribution sociale généralisée (CSG), des personnes handicapées (avec au moins 50 % d’incapacité), des aidants familiaux et des mères de trois enfants.

Des pensions moins bien revalorisées

À partir de 2016, l’accord prévoit une moindre revalorisation des pensions pendant trois ans (1 point de moins que l’inflation). Mais elles ne pourront pas diminuer. La date de revalorisation des pensions change aussi puisqu’elle sera décalée au 1er novembre au lieu du 1er avril.

Racheter des points retraite coûtera plus cher

L’accord prévoit une augmentation du prix d’achat du point de retraite pendant trois ans. Alors que pour 100 euros, le salarié achète actuellement 6,56 points, il n’obtiendra plus que 6 points dans 3 ans.

Des réactions diverses chez les syndicats et le patronnat

Sans surprise, du côté du patronnat, on se frotte les mains : « C’est un bon accord pour l’ensemble des partenaires signataires, puisque nous sommes six [Medef, CGPME, UPA pour le patronat] à signer » a déclaré devant la presse le négociateur du Medef, Claude Tendil. « Inciter les gens à travailler plus longtemps, et donner un système optionnel de retraite à la carte (…), c’était mon objectif de départ. A l’arrivée cet objectif est atteint, c’est pourquoi je signe l’accord », avait-il expliqué un peu plus tôt, se félicitant d’être parvenu à « lever un tabou ».

« C’est un accord équilibré, compliqué aussi parce qu’il demande des efforts aux salariés et aux retraités. Les entreprises vont être mises à contribution également », a renchéri Jean-Louis Malys (CFDT).

Mais comme prévu, la CGT et Force ouvrière, ont refusé de signer cet accord, qui ouvre selon eux la voie à un report de l’âge de départ à la retraite. « On n’a pas fini d’entendre parler de ce texte », a prévenu Eric Aubin (CGT), le qualifiant de « régression », Philippe Pihet (FO) fustigeant un « accord déséquilibré ».

Pour François Hollande, cet accord « n’est pas un report de l’âge de la retraite (…) C’est une liberté qui est accordée » aux salariés, estime-t-il.

Dans une tribune publiée sur Mediapart, plusieurs associations féministes dénoncent quant à elles ce texte, estimant  que les «sacrifices» imposés «seront particulièrement discriminants pour les femmes».