L'économie espagnole confirme son dynamisme

L'économie espagnole a confirmé son dynamisme au troisième trimestre avec une croissance de 0,8%, soutenue par la demande intérieure, mais le chômage reste élevé et sera un des principaux défis à relever pour le prochain gouvernement.

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L'économie espagnole a confirmé son dynamisme au troisième trimestre avec une croissance de 0,8%, soutenue par la demande intérieure
L'économie espagnole a confirmé son dynamisme au troisième trimestre avec une croissance de 0,8%, soutenue par la demande intérieure — Josep Lago AFP

L'économie espagnole a confirmé son dynamisme au troisième trimestre avec une croissance de 0,8%, soutenue par la demande intérieure, mais le chômage reste élevé et sera un des principaux défis à relever pour le prochain gouvernement.

Il s'agit du neuvième trimestre consécutif de hausse, selon une première estimation de l'Institut national de la statistique (Ine) publiée vendredi.

La progression du produit intérieur brut (PIB) a fléchi en termes intertrimestriels, après +0,9% au premier trimestre et +1% au deuxième.

En variation annuelle en revanche, la croissance est restée soutenue à 3,4%, ajoute l'Ine, qui ne donne pas de détails par secteur d'activité.

Madrid table sur une progression de 3,3% du PIB sur l'ensemble de l'année. L'Espagne ferait ainsi mieux que ses voisins européens: l'Allemagne vient de raboter sa prévision de croissance à 1,7%, la France s'attend à 1,1% et l'Italie à 0,9%.

Le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy, qui brigue un nouveau mandat de quatre ans à l'issue des législatives du 20 décembre, a fait de la reprise économique un de ses principaux arguments de campagne.

«L'Espagne a changé de visage» depuis l'arrivée au pouvoir du Parti populaire (PP) en décembre 2011, assure-t-il.

La quatrième économie de la zone euro traversait alors une crise aigüe provoquée par l'explosion d'une bulle immobilière après des années d'euphorie et de construction à tout va. Elle a mis fin en 2014 à cinq années de croissance nulle ou de récession avec une augmentation de 1,4% du PIB.

Cette reprise est avant tout soutenue par la demande intérieure, ce qui s'est encore confirmé au troisième trimestre, selon la Banque d'Espagne. Les ménages ont continué à consommer, même si le rythme a été «un peu inférieur à celui des mois précédents l'été», indique-t-elle dans son bulletin économique mensuel.

- l'ombre de la Chine -

Les Espagnols frappés de plein fouet par l'explosion du chômage et étranglés par des prêts immobiliers devenus impossibles à rembourser ont dû se serrer la ceinture pendant les années de crise.

Mais ils ont recommencé à consommer, aidés par les faibles taux d'intérêt de la Banque centrale européenne et un accès plus facile au crédit. Les entreprises investissent à leur tour pour répondre à cette demande.

Dans les mois qui viennent, la croissance continuera à être tirée par «le rythme élevé d'expansion de la demande nationale», assure la Banque centrale.

Les nuages s'accumulent en revanche à l'extérieur à cause de la «détérioration dans des économies émergentes, particulièrement la Chine», poursuit-elle. Difficile de savoir quel en sera exactement l'impact, mais ce contexte risque d'affecter des partenaires économiques de l'Espagne comme l'Allemagne.

Les entreprises espagnoles pourraient être touchées plus directement par un retournement de tendance en Amérique latine, où elles sont très présentes.

«L'Espagne pourrait être l'un des premiers pays concernés par le retournement du cycle dans les économies émergentes», avertit Catherine Stephan, économiste chez BNP Paribas, dans une note, même si les entreprises peuvent s'appuyer sur «un euro toujours faible et les gains de compétitivité engrangés pour défendre (leurs) parts de marché».

Autre danger, «le chômage reste très élevé», souligne l'agence de notation financière Fitch. Le taux de chômage est attendu par Madrid à 21,1% à la fin de l'année contre 27% au plus fort de la crise.

Les économistes s'alarment de voir qu'une grande partie des emplois créés sont précaires et que certains chômeurs, notamment des jeunes, ont tout simplement renoncé à chercher un emploi ou sont allés tenter leur chance à l'étranger.

Relancer durablement l'emploi sera un défi pour le prochain gouvernement, de même que «le dossier catalan», concernant la fièvre séparatiste en Catalogne, région qui représente près de 20% du PIB. Les conservateurs sont donnés en tête dans les sondages mais ne garderaient pas leur majorité. Ils sont talonnés par les socialistes, suivi du parti libéral Ciudadanos et de Podemos, de gauche radicale. Cette situation pourrait déboucher sur un gouvernement de coalition, une première en Espagne.