Niel défie Bolloré en prenant 15% de participation dans Telecom Italia

TELECOM Les deux magnats français visent le même opérateur de télécom...

A.-L.B. avec AFP

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Illustration de l'entreprise italienne Telecom Italia.
Illustration de l'entreprise italienne Telecom Italia. — ANTONIO CALANNI/AP/SIPA

Guerres feutrées entre magnats français. Xavier Niel, le patron de l’opérateur Iliad-Free et copropriétaire du journal Le Monde, vient titiller Vincent Bolloré en prenant 15 % de participation dans le capital de Telecom Italia. En effet, le Breton, à la tête du groupe Vivendi, est devenu récemment le premier actionnaire de l’opérateur italien.

Xavier Niel, patron du groupe Iliad (Free), le 22 octobre 2014 à Paris - Martin Bureau AFP
 

L’annonce de la « participation potentielle » de 15,143 % de Niel dans le capital de Telecom Italia a été annoncée ce vendredi par l’autorité boursière italienne (Consob).

Défi à Bolloré

Contacté par l’AFP, Xavier Niel n’a pas souhaité faire de commentaires. Un porte-parole d’Iliad, maison-mère de l’opérateur Free, a précisé que l’entreprise n’avait pas participé à l’opération qui pourrait se monter, selon le cours de Telecom Italia à la clôture mercredi, à 1,7 milliard d’euros.

Inattendu, ce mouvement peut être interprété comme un défi lancé au groupe Vivendi, dirigé par un autre cador français des télécoms, Vincent Bolloré.

Le patron de Telecom Italia, Marco Patuano, a ainsi indiqué qu’il « ne pense pas » que les deux groupes aient agi de concert. « Pour autant que je sache il n’y a pas de lien » entre eux, a déclaré Marco Patuano.

Vivendi, propriétaire notamment de Canal + et Universal Music, était devenu l’actionnaire de référence de l’opérateur italien en juin dernier, avec l’acquisition de 14,9 % des actions, avant d’augmenter sa part progressivement jusqu’à 20,03 % vendredi dernier. Egalement interrogé par l’AFP, Vivendi n’a pas souhaité réagir à cette information.

Pas de commentaire de Vivendi

Face au géant français des médias désireux de se développer en Europe du Sud, l’irruption de Xavier Niel lui pourrait compliquer les plans. D’autant que certains investisseurs prêtent à Xavier Niel de prendre à terme le contrôle de Telecom Italia.

Avec ce nouveau coup d’éclat, Xavier Niel, 10e fortune de France, confirme son image d’entrepreneur atypique et imprévisible, trublion de l’industrie des télécoms.

Ce nouveau coup de théâtre a fait bondir le cours de Telecom Italia à la Bourse de Milan où il évoluait vendredi matin à ses plus hauts niveaux depuis 2008 à 1,304 euro (+3,33%).