Porc: Avril va créer une usine de produits «100% français» avec l'allemand Tönnies

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Après plus de deux semaines de suspension, le Marché du porc breton (MPB), qui fixe le prix de référence au plan national, tente de faire revenir les acheteurs
Après plus de deux semaines de suspension, le Marché du porc breton (MPB), qui fixe le prix de référence au plan national, tente de faire revenir les acheteurs — Fred Tanneau AFP

Le groupe agroalimentaire français Avril (ex-Sofiproteol) a annoncé jeudi être en négociations exclusives avec l'industriel allemand Tönnies pour créer une coentreprise et ouvrir ainsi une usine de produits à base de porc «100% français», basée dans l'Ouest, pour un investissement de 6 millions d'euros.

«Avril et Tönnies, acteurs majeurs de la filière porc en Europe, ont pour projet d'unir leurs expertises respectives pour développer une filière 100% française de produits élaborés dans le porc», à destination de la grande distribution (GMS), indiquent les deux groupes dans un communiqué commun.

Les deux sociétés investiraient à parts quasiment égales dans l'usine, axée sur la «découpe et l'élaboration» de produits frais à base de porc, par exemple des côtes de porc en barquette.

L'usine devrait voir le jour «au printemps 2016», a précisé Avril, permettant la création de 60 emplois.

Le site devrait se trouver dans le Grand Ouest, potentiellement dans une zone assez proche de l'abattoir Abera, filiale d'Avril, implanté en Ile-et-Vilaine, a précisé le groupe français à l'AFP.

Le projet «rassemblera les expertises de Tönnies dans le domaine des produits élaborés», notamment en matière de commercialisation et celles d'Abera «dans le domaine de l'abattage et de la découpe».

«Les produits issus de ce nouvel outil de production s'inscriront dans la démarche de qualité filière +5F+ portée par Avril, laquelle garantit l'utilisation de porcs nés, élevés, abattus, découpés et élaborés en France», assure le communiqué.

Ils «pourront se substituer en partie à des matières premières importées», alors que la France importe en valeur plus de viande de porc qu'elle n'en exporte, avec à la clé un important déficit commercial, explique le texte.

Les produits élaborés représentaient «30% des importations françaises de viande de porc en 2014», selon Avril.

«Dans un contexte de marché peu favorable, ce projet offrirait de nouvelles perspectives de débouchés pour la filière porc française et ses éleveurs, dans une logique de reconquête du marché intérieur des produits élaborés, à forte valeur ajoutée», affirme le groupe.

La filière porcine traverse une grave crise, avec une chute des prix qui ne permet plus aux éleveurs de couvrir leurs frais et les a poussés à manifester leur colète tout l'été.

Le groupe Avril est le n°1 des huiles végétales et des oeufs en France (marques Lesieur, Puget, Matines). Son président Xavier Beulin est aussi le président du 1er syndicat agricole, la FNSEA.

Tönnies, groupe familial, est l'un des principaux industriels de la viande en Allemagne. Il est présent dans les domaines «de l'abattage, de la découpe, de la transformation et de la commercialisation de viande de bœuf et de porc».