Scandale Volkswagen: L'UE accorde une marge de tolérance sur les émissions de diesel

ECONOMIE Les défenseurs de l'environnement dénoncent «un honteux coup monté qui place les intérêts des constructeurs automobiles devant la santé des gens»...

M.C. avec AFP

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Un homme fait le plein de diesel à Paris (illustration).
Un homme fait le plein de diesel à Paris (illustration). — Jacques Brinon/AP/SIPA

L'Union européenne accorde une marge aux constructeurs de moteurs diesel. A partir de septembre 2017, ceux-ci bénéfieront de seuils de tolérance dans les nouvelles mesures de gaz polluant en condition de conduite réelle, par rapport aux normes actuelles en laboratoire. Une décision qui fait fulminer les défenseurs de l'environnement, galvanisés par le scandale Volkswagen.

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La décision, prise à Bruxelles au sein d'un comité technique, prend en compte «les limitations techniques» dans l'amélioration des moteurs diesel, par une industrie qui représente 12 millions d'emplois dans l'UE, explique la Commission dans un communiqué. L'application est programmée en deux étapes au cours des six prochaines années.

«L'affaire Volkswagen a accéléré l'adoption»

Les constructeurs vont bénéficier d'une marge de tolérance pour les émissions d'oxyde d'azote de 110% pour les nouveaux modèles mis en circulation, soit deux fois plus que le seuil de 80mg/km stipulé actuellement par la législation européenne pour les tests en laboratoire. Puis à partir de janvier 2020, la différence sera ramenée à 1,5 fois (50%) pour tous les nouveaux modèles et ce de façon permanente, pour prendre en compte les contraintes de la conduite réelle.

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Pour être homologué, un véhicule devra passer les deux tests, en laboratoire et sur route, le second étant plus efficace contre tout dispositif destiné à contourner les épreuves. «Le seuil n'est pas doublé. On a établi un test qui n'existait pas auparavant», s'est félicitée une source proche des négociations. «L'affaire Volkswagen a accéléré l'adoption», a-t-elle reconnu.

«Les intérêts des constructeurs automobiles devant la santé des gens»

Les chiffres présentés à l'issue du comité technique ont toutefois soulevé la colère des Verts et d'associations de protection de l'environnement. «Les citoyens vont se demander pourquoi leurs gouvernements préfèrent aider les constructeurs automobiles qui trichent lors des tests plutôt que de leur fournir un air propre à respirer», s'est indigné Greg Archer, de l'ONG Transport & Environment, basée à Bruxelles et Londres.

Les eurodéputés libéraux et Verts, qui ont voté la limite de 80 mg/km, sont aussi montés au créneau.

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«C'est un honteux coup monté qui une fois de plus place les intérêts des constructeurs automobiles devant la santé des gens», a tonné la libérale-démocrate Catherine Bearder dans un communiqué. «Les Etats-membres complotent dans le dos des citoyens pour autoriser les dépassements des plafonds autorisés», lui a fait écho l'écologiste Karima Delli, alors que son collègue néerlandais des Verts Bas Eickhout a souligné que les plafonds étaient «technologiquement possibles» à atteindre. «Certains constructeurs se plient déjà aux normes de l'UE, ainsi qu'aux normes américaines, plus strictes», a-t-il observé.