Allemagne : accord sur la fermeture de centrales au charbon

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La centrale à charbon "Weisweiler" le 2 octobre 2015,  située à Weisweiler (ouest de l'Allemagne)
La centrale à charbon "Weisweiler" le 2 octobre 2015, située à Weisweiler (ouest de l'Allemagne) — Patrik Stollarz AFP

Les énergéticiens RWE, Vattenfall et Mibrag vont obtenir sur les sept prochaines années 1,6 milliard d'euros de dédommagement du gouvernement allemand en échange de la fermeture de plusieurs de leurs vieilles centrales au charbon, a annoncé samedi le ministère de l'Economie.

Cet accord a été passé au terme de plusieurs mois d'âpres discussions entre le suédois Vattenfall, les allemands RWE et Mibrag et le ministère de l'Economie.

Il prévoit qu'entre 2016 et 2019, plusieurs centrales au charbon dans le secteur rhénan (ouest) et dans l'est du pays sortent petit à petit du réseau d'alimentation électrique.

Pendant quatre ans, ces centrales ne seront utilisées qu'en ultime recours, avant d'être finalement sorties du réseau.

A titre de compensation, les trois énergéticiens obtiendront une enveloppe compensatoire globale d'environ 230 millions d'euros par an et pendant sept ans, soit plus de 1,6 milliard d'euros au total.

En conséquence, le kW/h devrait augmenter de 0,05 centimes d'euro, selon le ministère de l'Economie.

«Cette mesure est importante pour atteindre nos objectifs environnementaux et, dans le même temps, pour que l'on n'en arrive pas à des dommages structurels dans les régions concernées», a déclaré le ministre de l'Economie, Sigmar Gabriel, cité dans un communiqué du ministère.

«Elle représente pour les employés et les entreprises une solution bonne et acceptable», a-t-il encore estimé.

Initialement, les services de M. Gabriel avaient élaboré un système de pénalités pour les anciennes centrales au charbon, mais la proposition avait suscité une levée de boucliers au sein du secteur, régions, entreprises et syndicats le dénonçant unanimement.

L'arrêt de ces centrales va entraîner la perte de 2,7 gigawatts, ce qui permettra dans le même temps de réduire d'ici 2020 les émissions de dioxyde de carbone entre 11 à 12,5 millions de tonnes par an, selon . Berlin s'est engagée à réduire d'ici 2020 de 40% ses émissions par rapport à 1990.

«Il s'agit purement et simplement de payer des milliards à RWE, Vattenfall et Mibrag pour la fermeture de centrales désuètes», s'est énervé Oliver Krischer, des Verts, membre de la maigre opposition à la coalition conservateurs/sociaux-démocrates emmenée par Angela Merkel.

Le patron du syndicat de la chimie et de l'énergie IG-BCE, Michael Vassiliadis, a dit espérer que cet accord sera appliqué sans licenciement.

Le charbon représente en Allemagne quelque 40% de l'électricité brute produite dans le pays.