Wall Street suspendue à la Fed et Apple

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L'entrée de la bourse de New York, le 14 octobre 2014
L'entrée de la bourse de New York, le 14 octobre 2014 — Spencer Platt Getty

Une fois la correction d'août effacée après quatre semaines consécutives de progrès, la Bourse de New York cherchera la semaine prochaine dans les résultats d'Apple et les commentaires de la Réserve fédérale des raisons d'aller plus haut.

Lors des cinq dernières séances, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a pris 2,50% à 17.646,70 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 2,97% à 5.031,86 points.

L'indice élargi S&P 500, jugé le plus représentatif pour de nombreux investisseurs, a gagné 2,07% à 2.075,15 points.

Les indices se sont emballés jeudi et vendredi, après que la Banque centrale européenne puis la banque chinoise ont montré qu'elles étaient prêtes à agir pour soutenir l'économie en injectant des liquidités ou en baissant leurs taux directeurs.

«Ce n'est pas un secret que les Bourses aiment la liquidité», a commenté Gregori Volokhine, de Meeschaert et Wall Street ne pouvait pas monter sur une saison de résultats loin d'être phénoménale, a-t-il remarqué.

Mais «comme nous avions des attentes très pessimistes, il a suffi de peu pour les surpasser» et porter les actions en hausse, a noté Art Hogan, chez Wunderlich Securities.

Désormais, pour que le marché progresse encore après avoir juste dépassé son niveau du début de l'année, «il va falloir de nouvelles informations», a-t-il ajouté, tablant plutôt sur une semaine à venir stable ou en léger retrait.

Le problème, a précisé Hugh Johnson, chez Hugh Johnson Advisors, c'est qu'«on a fini sur une bonne note et à un niveau de légère survalorisation».

Deux éléments du calendrier retiennent particulièrement l'attention: les résultats d'Apple, plus grosse capitalisation mondiale, mardi soir, et la réunion de la Réserve fédérale mardi et mercredi.

Apple, qui a bénéficié par contagion de l'envolée des valeurs technologiques de vendredi (+3,10% à 119,08 dollars) dans le sillage d'Amazon, Alphabet, maison mère de Google, et Microsoft, a fourni des prévisions prudentes. «Les attentes sont très timides, donc une bonne surprise est possible», a dit M. Volokhine.

«On va surtout surveiller [les] résultats [d'Apple] en Chine», a prévenu M. Johnson, rappelant qu'il y a trois mois, sa performance dans la deuxième économie mondiale avait fourni des signes avant-coureurs de la chute des marchés du mois d'août.

«Ce qui se passe en Chine est très important parce que la Réserve fédérale y prête énormément d'attention», a également souligné Chris Low, de FTN Financial.

- diagnostic de la Fed attendu -

Or les déclarations de la Fed attireront une nouvelle fois énormément d'attention, même si très peu sont ceux qui s'attendent à ce qu'elle modifie son positionnement.

Mais si la Fed amende son diagnostic de l'économie, cela pourrait déstabiliser les marchés, a estimé M. Hogan.

Le mois dernier, la prudence de sa présidente Janet Yellen avait provoqué un début de panique, laissant entendre qu'elle entrevoyait une situation bien plus sombre que ce que laissent entrevoir les indicateurs.

A cet égard, M. Volokhine prévoit de s'intéresser mardi aux commandes de biens durables: «on a vu ces derniers temps des bons signes du côté de la consommation, maintenant si on veut que la Fed remonte les taux d'intérêt il faut qu'ils se confirment du côté de l'activité manufacturière et des biens durables», a-t-il dit.

Enfin, outre Apple et le site de microblogs Twitter, les résultats seront dominés cette semaine par des valeurs de la pharmacie, laminées ces derniers jours à la suite de doutes sur les méthodes commerciales et comptables du canadien Valeant.

«Le secteur de la santé a été une source de cash pour financer une ré-allocation des investissements vers l'industrie et le secteur de la technologie orientée vers la consommation», a souligné M. Volokhine, donc dans les jours qui viennent on verra s'il se confirme un «malaise» dans ce secteur, alors même que les résultats de laboratoires comme Pfizer, Merck ou Bristol-Myers Squibb sont attendus «très bons».

Les géants de l'énergie ExxonMobil et Chevron doivent quant à eux donner vendredi, à travers la publication de leurs résultats, une nouvelle indication sur les dégâts continus de la chute des prix du pétrole.

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