Suppression de postes chez Areva: les syndicats inquiets quant à la sécurité

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Manifestation de salariés d'Areva au siège du groupe à La Défense le 15 octobre 2015
Manifestation de salariés d'Areva au siège du groupe à La Défense le 15 octobre 2015 — Bertrand Guay AFP

Plusieurs syndicats d'Areva ont exprimé mercredi leurs craintes pour la sûreté des installations et les salariés qui vont devoir «assumer la même charge de travail» après l'annonce mardi de 2.700 postes encore à supprimer dans le groupe nucléaire français d'ici à 2017.

Réagissant aux inquiétudes exprimées, un porte-parole du groupe a assuré à l'AFP que «la sûreté et la sécurité sont (ses) priorités et font partie de l'ADN du groupe», précisant que «les investissements en matière de sûreté et de sécurité sont sanctuarisés».

La direction «essaie de minimiser» mais «ce sont clairement 4.000 postes qui disparaissent», avait souligné un peu plus tôt auprès de l'AFP Michel Toudret (CFDT).

Compte tenu des départs déjà enregistrés depuis le début de l'année en dehors du plan, au nombre de 800 selon la direction, le groupe a indiqué mardi que les 2.700 suppressions d'emplois à venir étaient «en ligne avec l'objectif de 3.000 à 4.000 départs» en France annoncé au printemps.

La direction a par ailleurs précisé mercredi à l'AFP que le plan prévoyait de supprimer 3.600 postes et d'en créer parallèlement 900, soit un solde net de 2.700 postes en moins.

Areva, qui emploie 44.000 salariés, doit supprimer au total 6.000 emplois dans le monde.

Les suppressions de postes se feront sur la base du volontariat, dans le cadre d'un accord officiellement signé lundi au niveau du groupe par quatre des cinq syndicats représentatifs (CFDT, CFE-CGC, FO et Unsa-Spaen).

«On a signé un accord pour éviter un plan social mais on va être très vigilant pour voir comment les usines vont tourner après les départs, ce qui nous inquiète c'est ceux qui vont rester en effectif moindre pour assumer la même charge de travail», explique M. Toudret, en attente de «précisions sur les postes sensibles et critiques».

Prenant l'exemple de l'usine de retraitement des déchets de La Hague, il anticipe «un vrai problème» pour honorer les contrats.

«Il est hors de question pour nous que des mesures puissent mettre en cause la sécurité des salariés, de leur environnement et la sûreté des installations», prévient également Philippe Launay (FO), qui appelle la direction à procéder aux embauches nécessaires, comme le permet l'accord signé lundi sur les départs volontaires.

Mais pour le délégué, «900 postes paraît insuffisant, il faudra faire une analyse plus fine site par site».

L'enjeu des négociations sur la restructuration, prévues jusqu'à mars 2016, sera de garantir «la pérennité de l'activité, le maintien d'un haut niveau de sûreté et d'améliorer les mesures d'accompagnement négociées», estime le représentant FO.

Pierre-Emmanuel Joly (CGT, non signataire de l'accord), se dit quant à lui prêt à «démontrer la dangerosité du projet de la direction de supprimer autant de postes». «Enlever 825 salariés sur 6.500 chez Areva NC (filiale spécialisée dans les combustibles), c'est du grand n'importe quoi, affirme-t-il, car leur activité est nécessaire à la sûreté et la sécurité des installations».