Ethiopian Airlines voit son avenir en Asie et surtout en Chine

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Un avion de la compagnie Ethiopian Airlines sur le tarmac de l'aéroport de Nairobi, le 26 juin 2010 au Kenya
Un avion de la compagnie Ethiopian Airlines sur le tarmac de l'aéroport de Nairobi, le 26 juin 2010 au Kenya — Simon Maina AFP

La compagnie aérienne Ethiopian Airlines, en pleine expansion depuis ces dernières années, se tourne résolument vers l'Asie, et la Chine en particulier, pour assouvir son ambition de devenir le premier transporteur aérien africain.

Pour renforcer sa présence sur le continent asiatique, la compagnie éthiopienne déploiera à partir du mois prochain des membres d’équipage chinois sur ses vols à destination de la Chine, a annoncé son PDG Tewolde Gebremariam à l’AFP.

«L’Asie et la Chine en particulier sont notre priorité. C’est notre marché le plus porteur», explique le PDG, dont la compagnie assure déjà des vols quotidiens vers quatre métropoles chinoises (Pékin, Shanghai, Hong-Kong, Canton).

«Quatre-vingt-dix pour cent de nos passagers vers la Chine ne parlent pas anglais. Ils ne comprennent pas les consignes de sécurité. Nous avons besoin d’équipages qui parlent leur langue et comprennent leur culture», ajoute-t-il.

Une trentaine de jeunes recrues chinoises, hôtesses et stewards, terminent actuellement leur formation dans l’académie aéronautique d’Ethiopian Airlines.

«J’ai choisi Ethiopian parce que je veux une expérience à l’international. Ethiopian est une compagnie en pleine croissance», explique He Xupeng, qui a quitté une compagnie domestique chinoise pour rejoindre le transporteur éthiopien.

Le centre de formation accueille pilotes, techniciens et personnels navigants de 49 nationalités et possède un simulateur de turbulences, un toboggan d’évacuation et une piscine pour pratiquer les amerrissages d’urgence, ainsi que le seul simulateur de vol sur Boeing 787 du continent.

«Ce centre est déjà le plus grand d’Afrique. Nous accueillons actuellement 1.300 stagiaires (...) L’objectif est de porter ce chiffre à 4.000 d’ici 2025», projette Tewodros Balcha, responsable de l’académie.

D’ici là, Ethiopian Airlines ambitionne également de devenir la première compagnie aérienne africaine. En plein essor, la compagnie éthiopienne a doublé de taille depuis le début de la décennie. Elle affiche déjà la flotte la plus importante du continent avec 77 appareils, contre 45 en 2010, et en comptera bientôt 120, dont 14 Airbus A350 en attente de livraison.

- Marché africain déséquilibré -

Avec 6 millions de passagers en 2014, Ethiopian est en passe de rattraper EgyptAir et South African Airways (7 millions de passagers).

Tewolde Gebremariam veut faire d’Ethiopian Airlines le transporteur privilégié entre l’Afrique et l’Asie.

«Nous sommes le meilleur point d’entrée sur le continent. Addis est située au point de jonction entre les économies émergentes d’Asie et d’Afrique, mais aussi d’Amérique du Sud avec le Brésil. Notre compagnie a la capacité de relier entre elles ces régions en forte croissance», prédit le PDG.

Aux 91 destinations internationales qu'elle dessert déjà, Ethiopian Airlines doit ajouter dans l’année qui vient des vols vers Jakarta et Ho Chi Minh-Ville.

Ethiopian veut ajouter Yaoundé à ses destinations africaines, malgré les obstacles auxquels le transporteur africain doit faire face sur son continent.

En juillet dernier la compagnie avait dû suspendre sa ligne vers Goma (RDC), une destination notoirement mal desservie, immédiatement après le vol inaugural en raison d’une dispute avec les autorités locales. Les vols avaient repris trois semaines plus tard.

«Aujourd’hui, 80% du trafic aérien en Afrique est contrôlé par des compagnies non africaines. Le marché est déséquilibré. Nous voulons changer cela», tempête Tewolde Gebremariam, qui appelle à une plus grande ouverture «du ciel africain pour les transporteurs africains».

Seuls douze pays ont signé l’accord poussé par l’Union africaine (UA) pour libéraliser le ciel africain. Voyager d’une capitale africaine à l’autre impose encore parfois de passer par l’Europe ou le Moyen-Orient.

«Les pays africains ne se comportent pas comme un marché commun», regrette-t-il.