Canal+: Vivendi tente de faire taire les rumeurs sur le nombre de ses abonnés

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Le groupe français Vivendi, recentré sur les médias et la production de contenus, "s'apprête" à déposer plainte pour "diffusion d'informations trompeuses" sur le nombre d'abonnés de sa filiale Canal+
Le groupe français Vivendi, recentré sur les médias et la production de contenus, "s'apprête" à déposer plainte pour "diffusion d'informations trompeuses" sur le nombre d'abonnés de sa filiale Canal+ — Eric Piermont AFP

Le groupe Vivendi tentait mardi de faire taire les rumeurs selon lesquelles sa filiale Canal+ peinerait à recruter de nouveaux abonnés, avec l'annonce d'une plainte, d'une demande d'enquête au gendarme boursier et d'une contre-attaque par voie de communiqué.

La polémique a été lancée dimanche par Le Parisien, qui assurait que «la chute des abonnés (de Canal+) atteint 10% en septembre», attribuée notamment à la reprise en main de la chaîne privée par le patron de Vivendi Vincent Bolloré. Mardi, le quotidien a rectifié et parlé de la chute «de 10%» du nombre de «nouveaux abonnés» et non «d'abonnés».

Mais le mal était fait et, dès lundi, l'action Vivendi a souffert, perdant 2,12% dans un marché resté stable.

Vivendi a riposté mardi matin en assurant que Canal+ avait enregistré en septembre une hausse de «plus de 20%» des nouveaux abonnés par rapport à septembre 2014, sans plus de précisions. «43.900 nouveaux abonnés en septembre 2015 contre 36.100 un an plus tôt», selon Le Monde.

Mais le groupe français n'a pas divulgué le chiffre d'éventuels désabonnements, et donc pas l'évolution nette du solde d'abonnés, baromètre essentiel. Il n'a pas non plus précisé la nationalité des nouveaux abonnés ni le type d'abonnements choisis.

Car selon son mode de calcul, un abonnement individuel et collectif avec et sans engagement à Canal+, le bouquet Canalsat, ou encore le service de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) Canalplay, est comptabilisé de la même manière pour calculer le nombre d'abonnements total en France métropolitaine, même si financièrement ils ne rapportent pas la même chose.

Vivendi a indiqué lundi dans un communiqué qu'il s'apprêtait à déposer plainte pour «diffusion de fausses nouvelles ayant des conséquences boursières». La maison-mère de Canal+ a également demandé une enquête à l'Autorité des marchés financiers (AMF), une information confirmée par l'AMF à l'AFP.

- L'international sauve la France -

L'action Vivendi s'est reprise mardi en terminant en hausse de 0,79% (à 21,65 euros), dans un marché en baisse de 0,64%.

La direction du Parisien n'a pas souhaité commenter la riposte judiciaire de Vivendi et les nouveaux chiffres annoncés mardi.

Depuis qu'il en a pris le contrôle, Vincent Bolloré s'est lancé dans une reprise en main fracassante de sa filiale Canal+, limogeant des dirigeants et lissant l'image irrévérencieuse de la chaîne.

Mais les audiences ne suivent pas. La nouvelle formule du «Grand Journal», émission phare et en clair de Canal+, enregistre des résultats décevants. Et le nouvel actionnaire majoritaire a été accusé de censure après la déprogrammation en mai par Canal+ d'une enquête d'investigation sur des soupçons d'évasion fiscale pesant sur la banque Crédit Mutuel, partenaire de Vivendi.

Bousculé par la concurrence du géant américain de la SVOD Netflix sur le cinéma et les séries, et de BeIn Sports sur les droits sportif, Canal+ doit se réinventer pour retenir ses abonnés mais aussi en reconquérir de nouveaux en France.

Car si le nombre d'abonnements a globalement augmenté (+176.000, +1,17%) au 30 juin 2015 par rapport à la même période de 2014, c'est grâce à sa division internationale (l'Afrique et le Vietnam), qui a enregistré 293.000 abonnements supplémentaire(+14,0%). En France, le nombre d'abonnés a baissé de 117.000 (-1,24%), selon les chiffres publiés lors des résultats semestriels.