Retraites complémentaires: Un accord trouvé entre patronat et trois syndicats

SOCIAL En revanche, FO et la CGT refusent cet accord...

20 Minutes avec AFP

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Pierre Gattaz, le Président du Medef le 18 septembre 2015. Le Medef recevait vendredi 16 octobre les représentants des principaux syndicats pour tenter de sauver les retraites complémentaires.
Pierre Gattaz, le Président du Medef le 18 septembre 2015. Le Medef recevait vendredi 16 octobre les représentants des principaux syndicats pour tenter de sauver les retraites complémentaires. — SIPA

Un «accord de principe» a été trouvé entre trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC) et le patronat sur l'avenir des régimes de retraites complémentaires, notamment autour d'un système de bonus-malus incitant les salariés à travailler plus longtemps, ont annoncé vendredi des représentants syndicaux. «L'échec était annoncé, cela n'est pas le cas», s'est réjoui le négociateur de la CFE-CGC, Serge Lavagna, à l'issue de la journée de négociation entre les partenaires sociaux. Il y a «un accord de principe» entre le Medef et la CFE-CGC, la CFDT et la CFTC, a-t-il ajouté, annonçant la tenue d'une réunion «conclusive» le 30 octobre «pour la finalisation de cet accord».

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«On a préservé l'Agirc-Arrco»

«Les instances représentatives» doivent encore confirmer leurs positions, mais «la trame d'un accord se dessine», a assuré le représentant syndical. «Les retraites complémentaires et le paritarisme sont sauvés», s'est-il félicité. «Ce soir on peut dire qu'on a quand même préservé l'Agirc-Arrco», a renchéri son homologue de la CFTC, Pascale Coton. «Ce qu'on voulait, c'est que les salariés, les futurs retraités fassent des efforts mais sur un temps très court» a-t-elle expliqué.

FO et CGT refusent l'accord

En revanche, deux syndicats ont rejeté cet accord. FO et la CGT s'y opposent. Sur un plan d'économies qui nous est présenté de 6 milliards d'euros, le patronat fait un effort de 600 millions«, a déclaré Philippe Pihet (FO), soulignant que les efforts sont supportés à »90% par les salariés et à 10% par les entreprises".

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Les «salariés et les retraités» vont «une nouvelle fois» payer

Les «salariés et les retraités» vont «une nouvelle fois» payer«, a dénoncé le numéro un de la CGT Philippe Martinez, en parlant, lui, d'un plan de »5,7 milliards« où »le patronat met 300 millions au pot». «Le projet d'accord acte de fait le report de l'âge de retraite et l'abaissement du niveau des retraites complémentaires», a déploré Eric Aubin (CGT) opposé à tout abattement. «Pour toucher sa retraite pleine et entière il faudra travailler un an de plus que l'âge à partir duquel on a le droit à son taux plein», a-t-il souligné. Le représentant de la CGT a dénoncé en outre des «pressions politiques», une autre source syndicale confirmant à l'AFP que le Premier ministre Manuel Valls a pris contact avec la CFDT et de la CFTC.

Valls se réjouit de cet accord

Manuel Valls s'est «réjoui» vendredi soir de «l'accord de principe» sur les retraites complémentaires, assurant que le gouvernement «accompagnera» sa «mise en oeuvre». «Cet accord apporte la preuve de la capacité du dialogue social dans notre pays à élaborer les compromis équilibrés nécessaires à la réforme et à la consolidation de notre modèle social. Le gouvernement accompagnera la mise en oeuvre de cet accord», a déclaré le Premier ministre dans un communiqué.

Un déficit de 3 milliards d'euros

L'Agirc et l'Arrco ont vu leurs déficits cumulés se creuser à plus de 3 milliards d'euros en 2014. Si rien n'est fait, leurs réserves, permettant de compenser ces pertes, seront épuisées d'ici à 2018 pour l'Agirc, 2027 pour l'Arrco.