Moteurs truqués: Standard and Poor's abaisse d'un cran à A- la note de Volkswagen

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Le logo du constructeur automobile allemand Volkswagen se reflète sur une voiture Volkswagen, près du siège du groupe, à Wolfsburg (centre de l'Allemagne), le 8 octobre 2015
Le logo du constructeur automobile allemand Volkswagen se reflète sur une voiture Volkswagen, près du siège du groupe, à Wolfsburg (centre de l'Allemagne), le 8 octobre 2015 — Ronny HARTMANN AFP

L'agence de notation Standard and Poor's a abaissé lundi d'un cran la note de la dette à long terme du constructeur automobile Volkswagen, secoué par le scandale de ses moteurs diesel truqués.

La note de la dette à long terme du groupe passe à A-, contre A précédemment, et le groupe reste sous surveillance négative, c'est-à-dire qu'il est fort possible qu'une autre dégradation d'un ou deux crans intervienne dans un futur proche, précise S&P. La note de la dette à court terme passe à A-2, contre A-1 auparavant.

L'abaissement touche le groupe Volkswagen AG, et par ricochet ses principales filiales, dont la Volkswagen Bank et sa maison mère, Volkswagen Financial Services.

Selon S&P, qui avait prévenu dès le 24 septembre que la note de Volkswagen risquait d'être dégradée, «Volkswagen a fait preuve de gros manquements dans sa gestion, sa gouvernance et sa gestion du risque», et l'agence anticipe «un risque financier et en termes de réputation significatif à moyen terme» pour le groupe.

Volkswagen a admis le mois dernier, suite aux révélations des autorités américaines, avoir équipé 11 millions de véhicules dans le monde d'un logiciel capable de fausser les résultats des tests antipollution. Le groupe, mastodonte aux 12 marques (VW, Audi, Skoda...) et 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, se débat depuis avec ce scandale de dimension mondiale, qui l'a déjà vu changer de patron et provisionner 6,5 milliards d'euros pour faire face notamment à un gigantesque rappel de voitures.

«Nous n'avons pas encore conclu notre examen complet» des conséquences de l'affaire, précise S&P, l'une des trois grandes agences de notation mondiales aux côtés de Moody's et Fitch. Parmi les facteurs qui pourraient conduire à un nouvel abaissement de la note, S&P cite notamment «un possible affaiblissement des perspectives de ventes et de la position concurentielle» de la société.

«Les faits complets et les conséquences de la manipulation de Volkswagen pourraient ne pas être connus avant des mois, voire des années», prévient S&P.

Sans pouvoir encore le quantifier, l'agence s'attend à «un effet négatif (de l'affaire) sur les volumes de ventes, les prix et les marges» de Volkswagen, même si le modèle économique de la société reste solide, «soutenu par ses positions de marché fortes dans les voitures et les camions».

Fitch et Moody's ont également placé Volkswagen sous «surveillance négative», c'est-à-dire qu'elles devraient prochainement annoncer des abaissements de note similaires. Plus une entreprise est bien notée, plus elle peut s'endetter avantageusement sur les marchés, en émettant des obligations.

A la Bourse de Francfort, l'action Volkswagen a perdu un tiers de sa valeur depuis l'éclatement du scandale, effaçant quelque 30 milliards d'euros de capitalisation boursière. Lundi à 15H10 GMT elle grimpait de 1,74% à 108,45 euros.