La Bourse de Paris relève la tête mais n'est pas sortie d'affaire

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Le Palais Brongniart, ancienne Bourse de Paris
Le Palais Brongniart, ancienne Bourse de Paris — Thomas Coex AFP

La Bourse de Paris, qui s'est relancée en ce début octobre après un été difficile, s'apprête à vivre une semaine de transition avant des réunions de banques centrales très attendues d'ici la fin du mois.

Sur la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a pris 5,44% pour terminer vendredi à 4.701,39 points. Ses gains depuis le 1er janvier s'établissent à 10,03%.

Le marché parisien tente de tourner la page d'un troisième trimestre éreintant et marqué par une forte volatilité, retrouvant de l'allant, au point d'avoir enchaîné six séances de hausse consécutives.

Il s'est même hissé au-dessus des 4.700 points pour la première fois depuis début septembre.

«Le rebond est essentiellement technique et peut être vu comme une correction des exagérations assez fortes constatées en août et septembre», signale Fabrice Masson, gérant actions de BFT IM (filiale d'Amundi, groupe Crédit Agricole).

«Les fondamentaux jouent assez peu à court terme. La situation économique s'était dégradée cet été mais elle n'a pas vraiment changé depuis une semaine», rappelle-t-il.

Ce rebond, alimenté également par le secteur des matières premières, serait donc avant tout mécanique, faute de nouvelles rassurantes à l'horizon.

- Indicateurs contrastés -

«Le marché reste très loin d'un retour à l'optimisme compte tenu des incertitudes concernant la politique monétaire et des indicateurs économiques mitigés», souligne Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque.

Les investisseurs ont toutefois voulu se rassurer ces derniers jours à propos de la Réserve fédérale américaine (Fed), convaincus qu'elle patientera avant de resserrer sa politique monétaire.

Reste qu'il «est beaucoup trop tôt pour considérer que l'on a une visibilité suffisante sur la Fed», rappelle M. Dembik.

Certains de ses responsables ont en effet prévenu que la Fed pourrait respecter ses objectifs en remontant ses taux d'ici la fin de l'année, malgré des indicateurs encore contrastés, voire décevants comme l'ont montré les derniers chiffres de l'emploi.

C'est la raison pour laquelle les investisseurs attendent avec impatience la réunion de la Fed à la fin du mois qui sera l'avant-dernière de l'année.

De même, la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) du 22 octobre sera suivie de près, après les récentes déclarations allant dans le sens d'un renforcement du programme de rachat d'actifs, pour faire face à une conjoncture encore morose.

«La BCE laisse la porte ouverte à toutes les options mais les investisseurs suréagissent puisque personne n'est en mesure de savoir comment l'inflation va évoluer dans les prochains mois», pour M. Dembik.

- Mauvais départ -

D'ici là, la semaine prochaine, «rien de particulier n'est attendu côté macroéconomie» et «une sorte de flottement devrait persister jusqu'à décembre», selon M. Dembik.

Parmi les indicateurs les plus significatifs des prochains jours figurent les ventes au détail et l'inflation pour septembre aux Etats-Unis ainsi que le baromètre ZEW de la confiance des milieux financiers pour octobre en Allemagne.

Le marché pourrait connaître une période d'attente, nourrie principalement par une série de publications d'entreprises américaines, dont la saison de résultats entrera dans le vif du sujet la semaine prochaine.

Sont notamment prévus Johnson & Johnson, Intel, Delta et les poids lourds bancaires avec JPMorgan, Bank of America-Merrill Lynch, Wells Fargo, Goldman Sachs et Citigroup.

La saison a d'ailleurs connu un mauvais départ avec le géant de l'aluminium et des alliages Alcoa, qui a annoncé un plongeon de ses bénéfices et chiffre d'affaires, pénalisé notamment par la Chine.

«Le trimestre va sans doute être un peu difficile mais les anticipations ont été revues à la baisse», souligne M. Masson, ce qui limite le risque de mauvaises surprises en Bourse.

En revanche, le gérant est plus optimiste sur les résultats européens qui doivent débuter d'ici la fin du mois.

Selon M. Masson, «la visibilité est moins forte qu'il y a quelques semaines, mais l'impact des changes, des coûts de financement et du pétrole joue favorablement sur les entreprises européennes».

Ces facteurs associés à une conjoncture en passe de s'améliorer conduisent le gérant à mener une stratégie d'investissement positive sur la zone euro.