Le gouvernement veut qu'Areva et EDF conservent 66% de la division réacteurs Areva NP

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Le siège du groupe nucléaire Areva à La Défense, dans les Hauts-de-Seine, le 4 août 2015
Le siège du groupe nucléaire Areva à La Défense, dans les Hauts-de-Seine, le 4 août 2015 — KENZO TRIBOUILLARD AFP

Le gouvernement souhaite qu'Areva et EDF conservent 66% de la division réacteurs d'Areva, avec 15% pour le premier et 51% pour le second, un partenaire étant recherché pour le tiers restant, a indiqué lundi une source gouvernementale.

Par ailleurs, le montant de la recapitalisation de la partie d'Areva qui reste indépendante (mines d'uranium, combustible) ne sera «jamais en dessous de 2,5 à 3 milliards d'euros», a ajouté cette source en marge d'un voyage du Premier ministre Manuel Valls et du ministre de l'Economie Emmanuel Macron au Japon.

Areva avait officialisé fin juillet la cession à l'électricien EDF de la majorité d'Areva NP, branche qui regroupe les activités de construction et de services aux réacteurs du groupe nucléaire, mais les détails de l'accord n'avaient pas été précisés à l'époque.

EDF doit préciser «fin novembre» son offre, pour laquelle la France s'efforce de faire entrer des investisseurs chinois et japonais.

Au premier jour de sa visite au Japon, Manuel Valls s'était dit ouvert à l'idée de voir le conglomérat industriel japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) entrer au capital d'Areva NP.

«Les industries mèneront ces discussions. Tout est envisageable, dès lors que ces alliances entre industriels nous renforcent mutuellement», avait déclaré le Premier ministre dans une interview au quotidien Asahi, en réponse à une question sur les discussions entre MHI et Areva.

MHI, partenaire du groupe nucléaire français pour le réacteur Atmea, a récemment confirmé la tenue de négociations en vue d'un investissement dans Areva NP.

Selon une source au sein de la délégation, une prise de participation de MHI dans l'activité restante d'Areva est également envisagée.

Areva cherche aussi à attirer des investisseurs chinois au capital de la division réacteurs, alors que le groupe nucléaire est en difficulté et a besoin d'une augmentation de capital «significative».

A l'issue de cette opération, qui devrait être bouclée au second semestre 2016, Areva, recentré sur le cycle du combustible, verra sa taille divisée par deux: il emploiera environ 20.000 personnes (contre 44.000 précédemment) pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 4 milliards d'euros (contre un peu plus de 8 milliards en 2014).