Edition: le rachat de la filiale livres de RCS par Mondadori signé

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Le siège de l'éditeur Mondadori, à Milan, le 9 juillet 2011
Le siège de l'éditeur Mondadori, à Milan, le 9 juillet 2011 — Giuseppe ARESU AFP

Le rachat de la filiale livres du groupe italien RCS Mediagroup par l'éditeur Mondadori, propriété de la famille du magnat Silvio Berlusconi, a été signé dimanche, ont annoncé dans la soirée les deux entités dans des communiqués distincts.

L'opération d'achat par Mondadori, présidé par Marina Berlusconi, fille de l'ancien président du conseil italien, de RCS Libri s'élève à 99,99% du capital, précisent les communiqués.

«Le montant de l'opération (Equity Value) est de 127,50 millions d'euros», affirment-ils. «L'acquisition sera financée par l'utilisation de lignes de crédit», précise pour sa part Mondadori.

Le groupe milanais, plus que centenaire, est connu surtout en tant qu'éditeur des grands quotidiens Il Corriere della Sera, la Gazzetta dello Sport et de l'espagnol El Mundo.

RCS Libri rassemble une douzaine de maisons d'édition comme Rizzoli (du nom du fondateur du groupe Angelo Rizzoli), ou encore Bompiani, éditeur en Italie des auteurs vedettes Umberto Eco et Michel Houellebecq, dont les derniers livres figurent actuellement parmi les meilleures ventes dans le pays.

Arnoldo Mondadori Editore et RCS Mediagroup sont respectivement premier et deuxième acteurs du secteur en Italie avec 27% et 11,7% de parts de marché.

Leur union crée donc un colosse doté d'une force de frappe sans égal en Europe: près de 40% du marché de l'édition national, dont près de 70% pour le livre de poche, selon les spécialistes.

Dans son communiqué, RCS précise que l'accord préserve «pour tous les titres du groupe la possibilité de continuer à exercer une activité éditoriale propre telle qu'actuellement proposée à ses lecteurs».

L'annonce de ce rapprochement avait semé l'émoi dans le monde italien de l'édition et même au-delà, compte tenu du rôle politique encore joué par Silvio Berlusconi, qui devient de facto nouveau patron de ce géant de l'édition.

Au premier semestre 2015, Mondadori avait annoncé une perte nette de 12,20 millions d'euros, légèrement supérieure à celle de l'année précédente (-11 millions d'euros).

Le chiffre d'affaire sur la même période a reculé de 4,8% à 517,1 millions d'euros, avait annoncé la maison d'édition. La baisse des ventes a toutefois ralenti au 2e trimestre (-3,3%) par rapport au premier (-6,2%), avait conclu Mondadori.