Wall Street nerveuse va chercher à évaluer la gravité du ralentissement

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Un panneau indiquant la direction de la Bourse de New York, le 16 octobre 2014
Un panneau indiquant la direction de la Bourse de New York, le 16 octobre 2014 — Jewel Samad AFP

Wall Street, déstabilisée par la chute imprévue du nombre de créations d'emploi en septembre, pourrait encore tester ses planchers la semaine prochaine en cas d'autres indications de la contagion aux Etats-Unis du ralentissement mondial.

Grâce à un rebond technique inattendu vendredi, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a gagné 0,97% sur la semaine à 16.472,37 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 0,45% à 4.707,78 points.

Particulièrement regardé par les investisseurs, l'indice élargi S&P 500 a quant a lui progressé de 1,04% à 1.951,36 points sur les cinq dernières semaines.

Néanmoins, «c'est la première semaine où on a vu la contagion du ralentissement global de l'économie» aux Etats-Unis, a relevé Gregori Volokhine, président de Meeschaert Financial Services: outre les chiffres de l'emploi, les investisseurs ont dû encaisser le ralentissement de l'activité manufacturière, calculé par l'indice ISM, et la baisse des commandes industrielles.

Avec 142.000 nouveaux emplois en septembre, au lieu des quelque 205.000 escomptés, «on crée des emplois, mais il y a un ralentissement dont on voit de premiers signes», a ajouté M. Volokhine.

«Les gens espéraient que les chiffres de l'emploi apporteraient un peu de clarté sur les intentions de la Réserve fédérale (américaine), mais cela les a rendu encore plus confuses», a déclaré pour sa part Tom Cahill, chez Ventura Wealth Management.

Selon lui, la perspective d'un éventuel relèvement des taux d'intérêt «est repoussée à mars, donc cela veut dire six mois à se demander si la Fed va ou non relever les taux d'intérêt, et cela ne met pas à l'aise», a-t-il ajouté.

«La réunion de la Fed de septembre n'a donné aucune confiance et, sans confiance, les rebonds (du marché) ne peuvent être que techniques et de courte durée», a souligné pour sa part M. Volokhine, car il est difficile de se motiver pour acheter des actions dans ces conditions.

Certes, la progression de vendredi en dépit de la déception sur l'emploi et le fait que le marché ait rebondi après avoir frôlé ses planchers du 25 août, «c'est de bon augure», a estimé Hugh Johnson, chez Hugh Johnson Advisors.

- ralentissement dans les services? -

«Mais je ne suis pas très confiant qu'on puisse garder ce plancher s'il apparaît que l'économie américaine ralentit plus nettement qu'on ne s'y attendait», a-t-il ajouté

A cet égard, plusieurs indicateurs de la semaine prochaine seront suivis de près, à commencer par celui de l'activité dans les services, lundi.

«On peut comprendre que le secteur manufacturier souffre de plein fouet (du ralentissement en Chine et en Europe) puisque c'est un secteur relativement exportateur, par contre les services sont très domestiques et si on a aussi des signes négatifs au niveau des services, on va tout de suite avoir la conclusion qu'on va avoir un ralentissement de la consommation, or les services et la consommation représentent 90% de l'économie américaine», a souligné M. Volokhine.

Jusqu'à présent, l'ISM des services a été assez bon, «mais il est censé baisser de 59 à 57», s'inquiète M. Cahill.

Le lendemain, les chiffres du commerce extérieur seront scrutés à leur tour.

M. Johnson y cherchera les chiffres des exportations, «qui donneront une assez bonne impression de ce qui se passe dans l'économie mondiale. C'est là qu'on verra» si les entreprises américaines sont vulnérables, a-t-il dit.

M. Volokhine, lui, regardera surtout les chiffres des importations, craignant qu'une éventuelle diminution ne soit de mauvais augure pour la consommation.

Enfin, la saison des résultats d'entreprises va débuter en douceur, avec notamment Pepsico, Monsanto et Alcoa, au moment où «beaucoup de responsables de stratégie d'investissements et d'économistes pensent que nous sommes en phase de récession des bénéfices, même si peu pensent que nous sommes en récession économique», a dit M. Johnson.

«Ce qui pourrait encore faire baisser le marché, ce sont de mauvais résultats d'entreprises», a noté M. Cahill: «s'ils restent en deçà d'attentes déjà médiocres, alors le marché pourrait faire un pas plus bas».

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