La Bourse de Paris, entre nervosité et incertitude, va tenter de se frayer un chemin

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Le Palais Brongniart, ancienne Bourse de Paris
Le Palais Brongniart, ancienne Bourse de Paris — Fred Dufour AFP

La Bourse de Paris qui a clos une semaine volatile, achevant un troisième trimestre agité, va continuer de garder un oeil sur les banques centrales la semaine prochaine, dans un environnement macroéconomique toujours incertain.

«Après un premier semestre sans accroc, nous avons eu un trimestre de l'horreur», qui s'est achevé cette semaine, constate Aymeric Diday, directeur de la gestion sous mandat chez SPGP, même si la fin d'un trimestre est également habituellement synonyme de «beaucoup de rotation» et d'ajustements de positions.

«Depuis la mi-août, les marchés sont en proie à une grande nervosité», constate également Pascale Seivy, responsable du conseil en investissement chez Pictet.

Dans cette optique, les investisseurs ont accueilli fraîchement vendredi le rapport mensuel sur l'emploi américain, un indicateur habituellement très suivi par la banque centrale américaine (Fed) pour mener sa politique monétaire.

Les créations d'emplois aux Etats-Unis ont été très décevantes en septembre surprenant les attentes des analystes tandis que le taux de chômage est resté stable.

Après ce dernier gros rendez-vous de la semaine, le CAC 40 a finalement reculé de 0,49% et terminé la semaine à 4.458,88 points. Depuis le début de l'année, il n'a engrangé que 4,36%.

«Un rapport mensuel sur l'emploi américain globalement épouvantable enterre effectivement les espoirs d'une hausse des taux en octobre de la part de la Fed», indique Rob Carnell, un économiste du bancassureur ING.

La Fed avait repoussé en septembre une décision sur les taux, faisant décoller l'incertitude et la volatilité sur les marchés.

A ce titre, les investisseurs suivront de près le compte-rendu jeudi de la dernière réunion de la Fed, d'autant qu'aux Etats-Unis, les indicateurs restent «contradictoires», relève Mme Seivy, ce qui nourrit selon elle les inquiétudes sur la croissance outre-Atlantique.

- Le marché va scruter les solutions de la BCE -

Les investisseurs, qui sont «surtout préoccupés par le ralentissement de la croissance mondiale», vont donc attendre «un discours très encourageant de la part de Mario Draghi», le président de la Banque centrale européenne (BCE), ajoute Mme Seivy.

Le patron de l'institution monétaire basée à Francfort doit s'exprimer mardi, à la veille d'une réunion de la BCE mais qui ne donnera pas lieu à une décision sur les taux directeurs.

«Les derniers chiffres d'inflation pour le mois de septembre confortent l'idée d'une BCE bien présente dans les prochains mois», constatent pour leur part les économistes de Crédit Mutuel-CIC.

M. Draghi a déjà ouvert la voie à une possible extension de son programme de rachats d'actifs, destiné à appuyer l'économie fragilisée de la zone euro. Dès lors, le marché va scruter «toutes les solutions» que la BCE «pourrait trouver pour soutenir l'économie», affirme M. Diday.

D'ores et déjà, la zone euro se trouve «à un stade du cycle où l'on est en droit d'être optimiste», estime toutefois Bruno Cavalier, chef économiste de Oddo Securities, même si, fait-il remarquer, «ce jugement est loin d'être universel (...) à voir les évolutions récentes des marchés».

Cependant, «cela devrait se calmer et on devrait repartir sur de meilleures bases pour la fin de l'année», anticipe M. Diday: «Les nouvelles macroéconomiques ne sont pas mauvaises, avec des statistiques qui restent bien orientées», abonde-t-il.

La semaine prochaine, les investisseurs seront particulièrement attentifs aux indicateurs d'activité à travers la zone euro, dont une salve est prévue lundi matin. Ils suivront également mardi la révision des prévisions de croissance du Fonds monétaire international (FMI).

Enfin, ils auront fort à faire avec la saison des résultats d'entreprises, dont le coup d'envoi sera donné jeudi aux Etats-Unis avec Alcoa et à travers lesquels ils chercheront à vérifier si «la croissance américaine est vraiment soutenue ou pas».

Cac 40 (Euronext)