En rachetant CCM Benchmark, discret n°7 de l'internet français avec ses sites Comment ça marche et L'Internaute, Le Figaro deviendra le premier groupe internet français
En rachetant CCM Benchmark, discret n°7 de l'internet français avec ses sites Comment ça marche et L'Internaute, Le Figaro deviendra le premier groupe internet français — Damien Meyer AFP

Économie

Avec CCM Benchmark, Le Figaro va devenir le n°1 français sur internet

En rachetant CCM Benchmark, discret n°7 de l'internet français avec ses sites Comment ça marche et L'Internaute, Le Figaro deviendra le premier groupe internet français, reprenant l'initiative dans la vague de concentration des médias.

En rachetant CCM Benchmark, discret n°7 de l'internet français avec ses sites Comment ça marche et L'Internaute, Le Figaro deviendra le premier groupe internet français, reprenant l'initiative dans la vague de concentration des médias.

Jusqu’ici Le Figaro, premier site d'information généraliste en audience, n'était que le 17e toutes catégories confondues, devancé par le trio américain Google, Facebook et Microsoft, mais aussi par une quinzaine de groupes français comme Orange, Webedia (AlloCiné, PurePeople...), Solocal (Pages jaunes), Schibsted (Le Bon Coin, 20 minutes), Amazon ou Auchan.

En annonçant des négociations exclusives pour racheter 95% de CCM Benchmark, l'une des success-stories du web français, le groupe de Serge Dassault compte doubler son audience internet, qui devrait atteindre, selon lui, 24 millions de visiteurs uniques par mois, au 4e rang juste derrière Facebook France.

Un coup de maître pour Le Figaro, absent ces derniers mois de la série de rachats dans les médias.

Ont ainsi changé de mains depuis 18 mois les deux premiers newsmagazines français, L'Obs et L'Express, la chaîne de télévision BFMTV, ou encore le quotidien Le Parisien, et bien sûr leurs sites internet, tous des poids lourds des audiences. Le Figaro a entre-temps essayé en vain de racheter L'Etudiant et de nouer un partenariat avec LCI.

C'est cet été que Le Figaro a contacté CCM Benchmark, dont l'audience de 20 millions de visiteurs par mois en France et 50 millions dans le monde, le chiffre d'affaires de 36 millions d'euros et la rentabilité de 25%, suscitait depuis longtemps la convoitise de ses concurrents.

Son modèle repose exclusivement sur la publicité accompagnant des contenus gratuits, avec des sites extrêmement populaires, comme, au démarrage, Comment ça marche (CCM), créé en 1999, puis complété en 2010 par le rachat de Benchmark Group et de ses sites L'Internaute, Le Journal du Net et Copains d'avant.

Ses effectifs se limitent à 200 personnes, dont 80 rédacteurs (sans carte de presse). Sa recette: un savoir-faire hors pair sur le référencement de ses contenus et l'exploitation des données des internautes pour cibler les publicités.

CCM Benchmark, qui envisageait de s'introduire en Bourse, avait refusé jusqu'ici toutes les offres, dont certaines supérieures à celle du Figaro -non dévoilée-, a expliqué à l'AFP son fondateur Jean-François Pillou.

- «Tournant majeur» -

«La plupart des offres ne s'intéressaient qu'à une partie de nos activités. Quand Le Figaro nous a approchés, nous avons posé comme préalable une lettre signée de Serge Dassault respectant nos critères, et nous l'avons eue! Nous avons trouvé des gens qui comprenaient très bien ce qu'on faisait et savent faire fonctionner les sociétés qu'ils rachètent en entités indépendantes», a-t-il expliqué.

Entrepreneur atypique, Jean-François Pillou, 37 ans, a créé Comment ça marche dans sa chambre d'étudiant et ne s'est payé un salaire qu'en 2007, en conservant jusque-là un travail à plein temps au ministère de l'Education. Après le rachat, il restera à la tête de CCM et entrera au comité exécutif du Figaro comme directeur des développements numériques.

Pour Le Figaro, c'est un «tournant majeur» et «le rachat le plus structurant» jamais réalisé par le groupe dans le numérique.

La part du numérique dans son chiffre d'affaires passera de 25% (soit 125 millions d'euros environ sur 500 millions) à 34%. Et la part des profits provenant des activités numériques passera de près de 50% à 60% environ, a précisé le directeur général du Figaro, Marc Feuillée.

Le Figaro a depuis longtemps diversifié ses activités dans le numérique, avec de nombreux sites, dont lefigaro.fr, qui atteindra 40.000 abonnés cette année, La Chaîne Météo, des sites de petites annonces comme Explorimmo et Cadremploi, et le site d'e-commerce Ticketac.

«Mais nous avions besoin d'une nouvelle étape dans ce marché internet très dispersé», a souligné Marc Feuillée. «CCM Benchmark nous apportera son audience massive et ses outils technologiques», a-t-il résumé.

«Le chiffre d'affaires du digital du Figaro, hors CCM Benchmark, est en hausse de 14%: c'est là qu'est la croissance», a-t-il relevé. En tête des médias historiques sur internet, le groupe Le Figaro apparaît aussi comme particulièrement rentable, avec plus de 20 millions d'euros de bénéfices l'an dernier.