Fièvre catarrhale ovine: Faut-il avoir peur de cette nouvelle épidémie?

SANTE La France compte désormais 56 foyers de fièvre catarrhale ovine...

Céline Boff

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La fièvre catarrhale ovine frappe également les bovins
La fièvre catarrhale ovine frappe également les bovins — duda pinto AFP

En moins d’une semaine, la fièvre catarrhale ovine s’est propagée au Cantal, à l’Indre, à la Loire et à la Saône-et-Loire, portant désormais à neuf le nombre de départements frappés par cette maladie. Alors que le premier cas a été découvert il y a tout juste un mois dans l’Allier, faut-il s’inquiéter de cette nouvelle épizootie ? 20 Minutes fait le point.

Qu’est-ce que la fièvre catarrhale ovine ?

Egalement appelée « maladie de la langue bleue » ou encore « FCO », cette fièvre ne frappe pas seulement les ovins (moutons). Elle touche tous les ruminants, qu’ils soient d’élevage (bovins, caprins) ou sauvages (cervidés, dromadaires, antilopes). Concrètement, la FCO provoque chez ces animaux des fièvres, une salivation excessive, un œdème du museau, des troubles respiratoires, le bleuissement de la langue, des difficultés à se déplacer et l’impossibilité de se nourrir. En France, les éleveurs doivent déclarer un animal atteint à l’inspection vétérinaire.

D’où vient cette maladie ?

Transmise aux ruminants par certains moucherons de la famille des Culicoides, la FCO est née en Afrique. Mais elle gagne progressivement le nord de la planète, peut-être en raison du réchauffement climatique mais également à cause de la mondialisation des réseaux agroalimentaires et de l’élevage. En France, le premier cas a été diagnostiqué en 2000, en Corse. En 2008, le pays recensait 17.000 animaux malades. Fin 2012, la France pensait avoir éradiqué la FCO, mais de nouveaux cas sont réapparus dès 2013.

Comment se soigne cette fièvre ?

Il n’existe pas un traitement efficace, mais les symptômes peuvent être soignés grâce aux médicaments habituels contre la fièvre, les troubles respiratoires, etc. Quand les animaux survivent, ils gardent des séquelles : leur croissance est ralentie et ils sont souvent devenus stériles. Pour lutter contre la FCO, les pouvoirs publics misent sur la prévention, en mettant en quarantaine les exploitations touchées, en désinsectisant les animaux, les fermes et les véhicules les transportant, mais aussi en menant des campagnes de vaccination obligatoire. Ce qui ne fait pas l’unanimité : en 2010, le militant radical René Riesel refuse de faire vacciner son cheptel. Il s’en explique trois ans plus tard dans l’ouvrage Surveiller et guérir (les moutons).

La FCO est-elle contagieuse ?

Non. Le virus est présent « seulement » dans les moucherons, les semences et le sang des ruminants infectés. La vaccination forcée contre une maladie non contagieuse est justement ce que dénonce René Riesel. D’après les experts, aucun cas de transmission à l’homme n’a jamais été diagnostiqué et la FCO n’aurait pas d’incidence sur la qualité des denrées (viande, lait, etc.). C’est d’ailleurs pourquoi le gouvernement français veut un assouplissement des règles sanitaires européennes, la FCO ne comportant « aucun risque majeur » en termes de santé humaine, selon Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture.

Que font les pouvoirs publics ?

Pour l’instant, ils maintiennent la règle de mise en quarantaine des fermes touchées, en installant des périmètres de confinement de 20 km à 100 km autour de chacun des foyers. Parallèlement, Stéphane Le Foll a lancé mi-septembre une campagne de vaccination ciblée sur les bovins, ovins et caprins destinés à l’export. L’Etat a préempté à cette fin 2,2 millions de vaccins produits par le laboratoire Merial. Le gouvernement a également promis une « compensation des pertes économiques » liées à la mortalité animale et aux coûts d’immobilisation du bétail durant le dépistage et l’immunisation.