Glencore assure ne pas avoir de problème de solvabilité face aux rumeurs de retrait de la Bourse

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Glencore, le géant suisse du négoce des matières premières, a assuré mardi ne pas avoir de "problèmes de solvabilité"
Glencore, le géant suisse du négoce des matières premières, a assuré mardi ne pas avoir de "problèmes de solvabilité" — Fabrice Coffrini AFP

Le géant suisse des matières premières Glencore, introduit en fanfare à la Bourse de Londres en 2011 et aujourd'hui miné par la chute des prix des matières premières, a assuré mardi n'avoir «aucun problème de solvabilité», tentant de couper court aux rumeurs de retrait de la cote.

Mardi, l'action Glencore avait débuté la séance en net rebond, après un lundi noir durant lequel le titre avait perdu près de 30% durant la séance et touché un point bas historique.

Alors qu'une partie du capital reste entre les mains des dirigeants de Glencore, de nombreux analystes ont évoqué dans leurs commentaires matinaux la possibilité que la société choisisse purement et simplement de quitter la Bourse.

En se retirant de la cote, elle pourrait ainsi mettre en oeuvre plus rapidement et plus efficacement les mesures de restructuration annoncées début septembre, ont fait valoir certains d'entre eux.

Alors que les rumeurs fusaient sur les marchés, le groupe basé à Baar, dans le canton suisse de Zoug, s'est fendu d'un communiqué dans lequel il a insisté sur le fait qu'il n'avait «absolument aucun problème de solvabilité».

«Notre activité reste robuste opérationnellement et financièrement», a affirmé Glencore dans le communiqué.

«Nous avons des flux de trésorerie positifs, une bonne liquidité et absolument aucun problème de solvabilité», a-t-il ajouté, pointant qu'il disposait d'importante lignes de crédit et de relations à long terme avec les banques qui assurent son accès aux financements.

Cette prise de position a fait bondir le cours de l'action qui s'est envolée de 16,93% à 80,24 pence à la Bourse de Londres.

L'action Glencore est sous forte pression depuis le début de l'année alors que les investisseurs s'inquiètent du niveau de sa dette dans un contexte de forte baisse des cours des matières premières, plombées par le ralentissement de la croissance chinoise.

Après avoir vu ses résultats plonger dans le rouge au premier semestre, le groupe avait tenté de rassurer les marchés début septembre en annonçant une série de mesures drastiques pour reprendre le contrôle de son bilan. Celles-ci incluaient entre autres une augmentation de capital, des coupes dans les dépenses d'investissement, la vente de certains actifs ou encore la suspension de la production dans deux mines de cuivre en Zambie et en République démocratique du Congo.

Glencore avait dit vouloir réduire sa dette de 10 milliards de dollars pour la ramener aux environs de 20 milliards.

Cette série de mesures a néanmoins peiné à convaincre les investisseurs, nombre d'entre eux continuant de se soucier de sa note de crédit. Celle-ci conditionne en effet les taux auxquels la société peut emprunter dans un secteur très gourmand en capitaux.

Lundi, une note publiée par les analystes de la banque sud-africaine Investec avait mis le feu aux poudres.

«Si les prix des matières premières majeures restent aux niveaux actuels, notre analyse implique qu'en l'absence de restructuration substantielle presque toute la valeur à la fois de Glencore et d'Anglo American pourrait s'évaporer», avaient-ils fait valoir.

Les interrogations des analystes quant à un éventuel retrait de la cote interviennent alors que le groupe a connu un parcours mouvementé en Bourse. L'action avait fait des débuts en fanfare à Londres en 2011, en plein boom des matières premières, au prix de 343 pence par titre, ce qui valorisait alors la société à quelque 60 milliards de dollars.

Mais le cours n'a cessé de chuter depuis, ne retrouvant jamais son prix initial.

Glencore, qui rivalise notamment avec Rio Tinto, BHP Billiton et Anglo American, est une des plus grosses sociétés minières au monde.

A la différence de ses concurrents, elle dispose d'une branche dédiée au négoce des matières premières, son métier historique, qui assurait une plus grande régularité de ses revenus, mais qui a connu un important revers au premier semestre.