La Bourse de Paris patiente tranquillement à l'ombre de la Fed

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Le Palais Brogniart, ancienne Bourse de Paris
Le Palais Brogniart, ancienne Bourse de Paris — Joel Saget AFP

La Bourse de Paris a fini en légère hausse (+0,20%) jeudi une séance passée à attendre le verdict de la Réserve fédérale américaine, prévu dans la soirée, sur une éventuelle remontée de ses taux directeurs, quasi nuls depuis 2008.

L'indice CAC 40 a pris 9,30 points, à 4.655,14 points, dans un volume d'échanges moyen de 3,1 milliards d'euros. La veille, il avait progressé de 1,67%.

Sur les autres places européennes, la Bourse de Francfort a fini à l'équilibre (+0,02%) et celle de Londres en baisse de 0,68%. Par ailleurs, l'Eurostoxx a gagné 0,12%.

La décision de la Fed sera annoncée à 14H00 locales à Washington (18H00 GMT) et la présidente de la banque centrale américaine, Janet Yellen, s'exprimera une demi-heure plus tard.

Les mouvements sont restés limités tout au long de la journée sur la place parisienne alors que l'impact sur les marchés européens ne pourra être effectif que vendredi matin.

«La cote a surtout oscillé autour de l'équilibre, sans fébrilité ni inquiétude marquée, signe que les investisseurs font plutôt le pari d'un statu quo» de l'institution monétaire américaine, a relevé Alexandre Baradez, un analyste de IG France.

La situation n'est pas limpide pour autant, car les dernières statistiques américaines qui «envoient le même message que depuis des mois», avec autant de bonnes surprises que de mauvaises «compliquent la tâche de la Fed et l'émergence d'un consensus clair», a-t-il expliqué.

Les chiffres du jour n'ont pas dérogé à la règle avec d'un côté un déclin inattendu des inscriptions hebdomadaires au chômage mais de l'autre une chute plus forte que prévu des mises en chantier en août.

«Au-delà de la décision sur les taux, la tonalité du discours de Mme Yellen sera presque aussi importante», a estimé M. Baradez, car «les investisseurs attendent aussi qu'elle donne son sentiment sur l'état de l'économie américaine et sa résilience face notamment au ralentissement chinois».

«Plus que l'annonce en elle-même, c'est l'habileté de la présidente, Janet Yellen, à bien communiquer sur le chemin du resserrement monétaire qui aura un impact sur l'évolution des marchés», a jugé également John Plassard, de Mirabaud Securities.

Cette réunion «se prête idéalement à une inflexion de politique monétaire, pour autant, les conditions nécessaires ne sont pas toujours suffisantes, et nous n'attendons pas de changement de cap», a noté pour sa part Alexandra Estiot, une économiste de BNP Paribas.

Car outre les «turbulences financières du mois d'août», «le fait que les perspectives d'inflation restent extrêmement modérées», le «niveau élevé du dollar et l'absence de signe d'accélération des salaires» ne poussent pas à «précipiter la normalisation», a-t-elle analysé.

Du côté des valeurs, le secteur des télécoms a évolué en ordre dispersé après l'annonce par Altice de l'acquisition du quatrième câblo-opérateur américain Cablevision: Numericable-SFR, filiale d'Altice, a pris 0,60% à 45,23 euros, tout comme Orange (+0,53% à 14,31 euros) ou Iliad, maison mère de Free, (+1,10% à 193,50 euros), tandis que Bouygues, maison mère de Bouygues Télécom, a perdu 1,64% à 33,69 euros.

Montupet a été lourdement pénalisé (-10,68% à 60,46 euros) par un abaissement de recommandation à «conserver» contre «acheter» auparavant par Kepler Cheuvreux. L'équipementier a annoncé une progression de 14,8% de son bénéfice net au premier semestre et a confirmé ses objectifs pour l'ensemble de l'exercice.

JC Decaux a bénéficié en revanche (+5,70% à 34,20 euros) d'un relèvement de sa recommandation à «acheter» contre «conserver» auparavant par les analystes de Berenberg.

Korian (+6,88% à 32,30 euros) a grimpé après avoir plus que triplé son résultat net part du groupe au premier semestre en raison notamment de sa fusion avec Medica et annoncé maintenir ses objectifs.

Le Noble Age (LNA) a profité (+2,92% à 21,15 euros) de l'annonce d'un résultat net en progression de 43%, tiré par des mouvements financiers et les bons résultats de son activité d'exploitation.

AB Science (+2,44% à 13,88 euros) a été favorisé par l'obtention de la désignation de médicament orphelin par l'agence américaine du médicament (FDA) pour le masitinib, utilisé dans le traitement du cancer de l'estomac, ouvrant la voie à une exclusivité commerciale dans ce pays.

Naturex a fini en hausse de 4,31% à 70,01 euros en dépit du recul de 61,3% de son résultat net au premier semestre.

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