Scandale Volkswagen: Plusieurs ingénieurs sont passés aux aveux

ECONOMIE Selon leurs confessions, il était techniquement impossible de fabriquer le moteur EA 189 en respectant à la fois les plafonds d'émission de gaz polluants et les impératifs de coûts...

M.C. avec AFP

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Des employés quittent l'usine Volkswagen à Wolfsburg, le 29 septembre 2015.
Des employés quittent l'usine Volkswagen à Wolfsburg, le 29 septembre 2015. — Markus Schreiber/AP/SIPA

Selon eux, il était «techniquement impossible» de respecter à la fois les plafonds de pollution et les coûts. Plusieurs ingénieurs employés par le géant automobile allemand Volkswagen ont reconnu être responsables du trucage de moteurs diesel révélé il y a deux semaines, rapporte dimanche le journal allemand Bild, sans en divulguer le nombre ni l'identité.

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Les services chargés d'enquêter en interne sur l'affaire, séisme de magnitude mondiale qui secoue le secteur automobile, «ont déjà reçu de premiers aveux», selon le journal, qui ne cite pas ses sources. Il précise que les aveux déjà recueillis n'ont pas apporté d'éclaircissement sur l'identité des commanditaires de l'installation du logiciel, tandis que Volkswagen impute la responsabilité de la manipulation à «un petit groupe de personnes», et a suspendu certains salariés. La presse a évoqué le chiffre d'une douzaine, parmi eux le chef des activités de recherche-développement de la filiale Audi.

«Techniquement impossible» de respecter les plafonds d'émission de gaz polluants et les impératifs de coûts

Selon les confessions faites par les ingénieurs concernés, il était techniquement impossible de fabriquer le moteur EA 189, développé par Volkswagen en 2005, en respectant à la fois les plafonds d'émission de gaz polluants et les impératifs de coûts. Il aurait donc été décidé d'avoir recours au logiciel truqueur.

Le constructeur automobile allemand a avoué il y a peu avoir équipé les moteurs de 11 millions de véhicules d'un logiciel capable de fausser les résultats des tests antipollution. La révélation de cette tricherie a coûté son poste au patron du groupe Martin Winterkorn, et Volkswagen a promis de faire toute la lumière sur l'affaire, au moyen d'une enquête confiée à un cabinet d'avocats américain. Volkswagen doit rappeler dans les semaines qui viennent des millions de voitures et véhicules utilitaires pour les remettre aux normes, et l'image de ce fleuron de l'industrie allemande a pris un sacré coup.