La Tunisie va demander un nouveau plan d'aide au FMI (Banque centrale)

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Une photo fournie par le FMI montre sa directrice générale, Christine Lagarde (G) et le ministre des Finances tunisien, Slim Chaker, lors d'une conférence de presse, le 9 septembre 2015
Une photo fournie par le FMI montre sa directrice générale, Christine Lagarde (G) et le ministre des Finances tunisien, Slim Chaker, lors d'une conférence de presse, le 9 septembre 2015 — STEPHEN JAFFE IMF

La Tunisie, dont l'économie fait face à des difficultés, va demander un nouveau plan d'aide au Fonds monétaire international (FMI), a annoncé mercredi le gouverneur de la Banque centrale Chedly Ayari.

«Oui, nous allons demander un nouveau programme», a dit M. Ayari lors d'une conférence de presse conjointe avec la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, en visite à Tunis.

Le montant et les modalités de ce plan d'aide n'ont pas été arrêtés mais il devrait être au moins égal à la ligne de crédit consentie par le FMI à la Tunisie en 2013, soit 1,7 milliard de dollars, a ensuite déclaré le responsable à des journalistes.

«C'est l'estimation la plus basse et ça peut être plus, suivant les besoins, les possibilités et les conditions», a-t-il précisé.

Les négociations avec le Fonds devraient commencer en «novembre parce que mon idée, c'est faire en sorte qu'au plus tard ce programme soit efficient au mois de mars 2016», a poursuivi M. Ayari.

Mme Lagarde a de son côté appelé les autorités à «finir le travail engagé».

«Si en 2016 les autorités tunisiennes souhaitent à nouveau dans le cadre d'un partenariat poursuivre (...) le financement et mettre en oeuvre d'autres réformes qui paraissent nécessaires aux deux parties, le Fonds monétaire international sera évidemment prêt à répondre à cet appel, et je suis sûre que le conseil d'administration aura à cœur d'y répondre de manière favorable», a-t-elle affirmé.

«Mais je ne voudrais pas laisser accréditer l'idée que je demande l'accélération d'un (nouveau) programme en 2016. Ce que je dis simplement, c'est +finissons le travail engagé+ (...). Après, inchallah», a-t-elle dit.

Mme Lagarde a de nouveau pressé la Tunisie de mettre en place les réformes exigées en contrepartie de l'assistance financière actuelle du FMI.

«Il y a du pain sur la planche (...), on ne peut pas lambiner en route. Il faut vraiment travailler et considérer que ces réformes économiques sont prioritaires, déterminantes (...). On a encore un peu de temps, il faut y aller», a-t-elle insisté.

Le ministre des Finances Slim Chaker a assuré que le pays avait déjà adopté certaines réformes et «avancé» sur d'autres, comme celle du Code des investissements et la modernisation des douanes.

En 2013, le FMI avait octroyé à la Tunisie une ligne de crédit de 1,7 milliard de dollars sur deux ans dans le cadre d'un plan d'aide destiné à soutenir la transition politique. Cette ligne, qui devait expirer en juin, a été prolongée de sept mois -jusqu'en décembre 2015- pour permettre au pays d'adopter les réformes.

Depuis la révolution de 2011, Tunis peine à relancer son économie. La situation s'est encore aggravée avec les attentats du Bardo en mars et de Port El Kantaoui en juin, qui ont fait 60 morts dont 59 touristes et ont durement affecté le tourisme, un secteur stratégique.

Au premier semestre 2015, la croissance s'est établie à 1% et pourrait ralentir encore à 0,5% sur l'ensemble de l'année, selon le ministère des Finances.