La Bourse de Paris termine en forte hausse après la BCE

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Le palais Brongniart, ex-Bourse de Paris, le 24 août 2015
Le palais Brongniart, ex-Bourse de Paris, le 24 août 2015 — ERIC PIERMONT AFP

La Bourse de Paris a terminé en forte hausse jeudi (+2,17%), après avoir accueilli favorablement des propos du président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi.

L'indice CAC 40 a pris 98,87 points à 4.653,79 points, dans un volume d'échanges nourri de 4,3 milliards d'euros. La veille, il avait timidement rebondi de 0,30%.

Parmi les autres marchés européens, Londres a progressé de 1,82% et Francfort de 2,68%. Par ailleurs, l'Eurostoxx 50 a gagné 2,23%.

Le marché parisien a bénéficié depuis l'ouverture de la forte hausse de Wall Street la veille, qui a ouvert en légère hausse jeudi.

La cote parisienne a par la suite accéléré à l'occasion d'une conférence de presse du président de la BCE, faisant suite à une réunion de l'institution monétaire de Francfort. Elle est allée jusqu'à gagner brièvement plus de 3%.

«Le jour de son anniversaire, M. Draghi n'a pas reçu mais a fait un cadeau aux marchés financiers en insistant sur la détermination de la BCE à tout faire pour soutenir l'économie de la zone euro», souligne Carsten Brzeski, un économiste du bancassureur ING.

Il a notamment déclaré que la BCE était prête à étendre ses rachats de dette au-delà de septembre 2016 «si nécessaire», des propos qui ont ravivé l'appétit pour le risque des investisseurs, dans un contexte chahuté sur fond de ralentissement en Chine.

«La BCE est dans son rôle en laissant la porte ouverte à une action supplémentaire au-delà de 2016», notamment au regard des prévisions d'inflation, explique de son côté Christopher Dembik, un économiste de Saxo Banque.

«Le ton» employé «a donné l'image d'une banque centrale le doigt sur la gâchette» et prête à agir «si les objectifs de sa politique monétaire devaient ne pas être atteints», relève Andrew Mulliner, gérant de portefeuille obligataire chez Henderson Global Investors.

L'institution monétaire de Francfort a par ailleurs sans surprise laissé inchangé son principal taux directeur à 0,05%, son plus bas niveau historique.

Selon M. Dembik, M. Draghi a cherché à «faire baisser la volatilité» pour laisser les coudées franches à la banque centrale américaine (Fed), qui pourrait décider de relever ses taux directeurs lors de sa réunion de septembre.

La Fed a la flexibilité nécessaire pour attendre de remonter ses taux, a estimé pour sa part un porte-parole du Fonds monétaire international (FMI), en soulignant que la «situation globalement est pour l'instant assez difficile».

Avant cette réunion de la Fed très attendue, le marché ne devrait «pas avoir vraiment de tendance. Il a besoin d'une nouvelle direction qui sera donnée par la Fed», soutient M. Dembik.

La cote a en outre été encouragée dans la matinée par l'indice PMI définitif pour août en zone euro, montrant que la croissance de l'activité privée a accéléré, signant sa plus forte hausse depuis plus de 4 ans.

Aux Etats-Unis, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont nettement augmenté pour atteindre leur plus haut niveau en presque deux mois à la surprise des analystes, à la veille du rapport mensuel sur l'emploi américain.

L'activité dans les services a par ailleurs continué de progresser solidement en août, même si cette hausse a quelque peu marqué le pas.

Parmi les valeurs, le secteur industriel a soutenu la tendance à l'image de Valeo (+6,28% à 112,50 euros), Renault (+3,37% à 73,05 euros), ArcelorMittal (+3,43% à 6,90 euros) et Alcatel-Lucent (+2,36% à 3,03 euros).

EDF a fini en forte baisse (-2,24% à 18,29 euros), pénalisé par le report de la mise en service de l'EPR de Flamanville au quatrième trimestre 2018, ce qui porte son coût à 10,5 milliards d'euros.

Vivendi a légèrement reculé (-0,14% à 21,69 euros), après des résultats légèrement décevants. Le groupe a dégagé un bénéfice net part du groupe en hausse de 4,1% au premier semestre, et annoncé être «entré en négociations exclusives» pour entrer dans le capital du futur groupe issu de la fusion entre Banijay-Zodiak.

Engie a souffert (-0,45% à 15,49 euros) d'un abaissement de recommandation par Bank of America-Merrill Lynch.

En revanche, Hermes a été soutenu (+2,99% à 320,05 euros) par une note de RBC.

ADP a progressé légèrement (+0,15% à 100,65 euros). Plusieurs acteurs du transport aérien ont saisi la Commission européenne contre l'arbitrage du gouvernement français sur l'évolution des redevances aéroportuaires des Aéroports de Paris (ADP) rendu fin juillet.

Altran a gagné 3,76% à 9,96 euros. Le groupe a indiqué que son bénéfice net a progressé de 33,9% au premier semestre et a confirmé son objectif de croissance pour l'exercice en cours.

Enfin, Eramet a pris 4,64% à 49,96 euros. Le groupe, associé à l'entreprise argentine Remsa, envisage d'exploiter un gisement de lithium dans le nord-ouest de l'Argentine, un investissement de 260 millions de dollars, selon le secrétariat argentin aux Mines.

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