Le marché obligataire en zone euro salue l'accord européen sur la Grèce

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Les taux d'emprunt des pays du sud de la zone euro se tendent nettement, mais sans excès,  sur le marché de la dette
Les taux d'emprunt des pays du sud de la zone euro se tendent nettement, mais sans excès, sur le marché de la dette — Philippe Huguen AFP

Les taux d'emprunt en zone euro se sont détendus lundi sur le marché obligataire, saluant le feu vert donné par la zone euro au troisième plan d'aide à la Grèce.

«Le marché accueille favorablement les décisions européennes sur la Grèce, ce qui contribue à la baisse des taux obligataires», résume René Defossez, stratégiste chez Natixis.

Les mouvements se font toutefois dans des volumes d'échanges réduits en cette période estivale, ce qui devrait rendre le marché calme dans les prochains jours, «sauf nouvelle extraordinaire» selon lui.

A 18H00 (16H00 GMT), le taux d'emprunt à 10 ans de la Grèce a reculé à 9,084%, passant en séance sous les 9% pour la première fois depuis fin février, contre 9,545% vendredi à la clôture sur le marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise.

Parmi les autres pays du sud de la zone euro, le taux de l'Espagne a reculé à 1,940% (contre 2,011%), tout comme celui de l'Italie à 1,762% (contre 1,814%) et du Portugal à 2,379% (contre 2,431%).

Par ailleurs, le taux de l'Allemagne a baissé à 0,627% (contre 0,660%), tout comme celui de la France à 0,945% (contre 0,979%).

Les ministres des Finances de la zone euro ont donné vendredi soir leur feu vert à un troisième plan d'aide à la Grèce, d'un montant de 86 milliards d'euros maximum sur trois ans.

La Grèce pourra donc honorer le 20 août un remboursement de 3,4 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE) sans avoir besoin d'un financement relais.

Il faut toutefois encore l'accord de plusieurs Parlements nationaux à savoir le Bundestag allemand et les Parlements néerlandais et autrichien.

«Il n'y a pas trop d'inquiétudes à avoir sur les votes des Parlements», souligne M. Defossez, rappelant que «l'incertitude concerne plutôt le FMI (Fonds monétaire international)» qui doit décider en octobre de sa participation financière au plan d'aide.

Pour le reste, le marché n'a eu aucun indicateur notable à suivre en séance mais a été encore sensible à la faiblesse des prix du pétrole.

«La poursuite de la baisse du prix du brut fait dire au marché que l'inflation va rester très faible», ce qui alimente la baisse des rendements obligataires, selon M. Defossez.

Les mauvaises nouvelles économiques ne jouent pas non plus en faveur de l'inflation, indique le stratégiste, alors que les chiffres de croissance en zone euro pour le deuxième trimestre publiés vendredi ont déçu.

En dehors de la zone euro, le taux britannique s'est établi à 1,817% contre 1,877%.

Le taux d'emprunt à 10 ans des États-Unis était à 2,157% contre 2,198% et celui à 30 ans à 2,808% contre 2,842%. Le taux à 2 ans évoluait à 0,704% contre 0,722%.