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AUTOMOBILELes défis que devra relever Matthias Müller, le nouveau PDG de Volkswagen

Les défis que devra relever Matthias Müller, le nouveau PDG de Volkswagen

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Il succède à Martin Winterkorn, écarté mercredi après le scandale des moteurs diesel truqués…
Les logos des marques du groupe Volkswagen sur le site de Villers-Cotterets le 25 septembre 2015
Les logos des marques du groupe Volkswagen sur le site de Villers-Cotterets le 25 septembre 2015 - Francois Nascimbeni AFP
Audrey Chauvet

Audrey Chauvet

Sa prise de fonctions risque de ne pas se passer comme sur des roulettes. Le patron de Porsche Matthias Müller a été nommé ce vendredi PDG du groupe Volkswagen, remplaçant ainsi Martin Winterkorn, démissionnaire après le scandale des moteurs diesel truqués. «Nous pouvons et nous allons surmonter cette crise», a-t-il assuré. Pour le nouveau dirigeant du constructeur allemand, le mandat commence par plusieurs défis à relever.

« Le nouveau patron de #Volkswagen, Matthias Müller. Conf de presse à #Wolfsburg. pic.twitter.com/pfU497O30L — Sébastien Baer (@seb_baer) September 25, 2015 »

>> A lire aussi : Qui est Matthias Müller, le nouveau patron de Volkswagen ?

Rétablir les finances du groupe

L’action Volkswagen est au point mort : elle a perdu 30 % cette semaine, faisant s’évaporer du même coup plus de 20 milliards d’euros de capitalisation boursière. Les suites juridiques de l’affaire des moteurs diesel truqués pourraient aussi coûter cher au groupe : Volkswagen a déjà provisionné 6,5 milliards d’euros dans ses comptes mais encourt jusqu’à 16 milliards d’euros d’amende aux Etats-Unis et fait l’objet de deux enquêtes pénales et de nombreuses plaintes en nom collectif (« class actions »). Pour redresser la barre, il va falloir mettre le turbo sur les ventes, or Volkswagen a bien du mal à ne pas sortir de la route sur des marchés cruciaux : la Chine, qui représente plus de 40 % des bénéfices du groupe, les ventes se sont effondrées de 5,8 % depuis le début de l’année. Les marchés brésiliens et russes ne sourient pas plus à Volkswagen et le constructeur allemand n’a jamais atteint ses ambitions de ventes aux Etats-Unis. Résultat, ses ventes mondiales ont baissé de 1 % depuis le début de l’année 2015.

>> A lire aussi : Après le scandale Volkswagen, les constructeurs français ont-ils du souci à se faire ?

Redorer l’image de Volkswagen et la confiance des acheteurs

Difficile d’estimer combien de temps il faudra à Volkswagen pour faire oublier l’affaire des logiciels espions. Le directoire remanié du groupe va probablement devoir changer toute la stratégie de ce colosse automobile (numéro un mondial des ventes avec 10 millions de voitures vendues en 2014, 202 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 590.000 salariés). Jusque-là très centralisée, la prise de décisions ne se fera peut-être plus selon la devise « Un décide, les autres suivent » qui prévalait du temps de Martin Winterkorn. « Un contrôle indépendant et critique ? Néant ! », accusait le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. La décentralisation des décisions, pour laquelle un projet devait être présenté au conseil de surveillance ce vendredi, sera désormais aux mains de Matthias Müller et pourrait permettre plus d’échanges d’informations et de transparence dans le groupe.

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Faire face aux contrôles qui pourraient encore entacher la marque

Volkswagen est loin de pouvoir embrayer sur une nouvelle ère : l’affaire des logiciels espions, destinés à masquer la quantité réelle de gaz polluants issus des moteurs diesel, ne fait que commencer. Investigations et enquêtes ont été lancées en cascade partout dans le monde après la révélation de la fraude aux Etats-Unis. Ce vendredi, la France a annoncé que des contrôles aléatoires seraient menés sur les voitures toutes marques confondues. En Allemagne, où 2,8 millions de véhicules seraient équipés de moteurs truqués, un ministre a réclamé l’indemnisation de tous les automobilistes concernés par la fraude, tandis que la police norvégienne a ouvert une enquête pour fraude. Le groupe Volkswagen risque de s’enliser dans une série de procès qui pourrait lui coûter cher en argent et en image de marque.

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