Dévaluation du yuan: la presse française craint une guerre des monnaies

© 2015 AFP

— 

Des investisseurs surveillent les mouvements boursiers le 13 août 2015 chez un courtier de la Bourse de Shanghai
Des investisseurs surveillent les mouvements boursiers le 13 août 2015 chez un courtier de la Bourse de Shanghai — JOHANNES EISELE AFP

La dévaluation du yuan, la monnaie chinoise, fait crainte une relance de la «guerre des monnaies» aux éditorialistes de la presse française de jeudi.

La Chine a dévalué d'environ 3,5% en deux jours la valeur de sa monnaie face au dollar, la plus forte dépréciation en deux décennies, mais les marchés et les analystes sont divisés sur les motivations de Pékin et sur les conséquences à attendre.

Pour Le Monde, il est clair que «Pékin relance la guerre des monnaies».

Dans L'Union/L'Ardennais, Hervé Chabaud explique que, «même si la Chine s’en défend, la double dévaluation du yuan face au dollar n’est pas un simple aménagement technique pour se rapprocher de la réalité des marchés mais un acte politique offensif pour reconquérir des marchés à l’exportation».

Le quotidien économique Les Echos sonde les conséquences immédiates de la décision chinoise dont «l'onde de choc fait chuter le pétrole et les matières premières».

«Bourse : le chaos chinois» titre Les Echos. Dans les pages intérieures, Guillaume Benoit estime que «le risque qu'une baisse des prix chinois et des matières premières entraîne l'économie mondiale dans la déflation mettrait à mal les politiques de relance de l'inflation, notamment en Europe».

«À l’heure de la mondialisation, le réflexe chinois déséquilibre ses partenaires, qui demeurent des adversaires, voire des ennemis», ajoute Raymond Couraud dans L'Alsace.

Mais «l’internationalisation du yuan est aujourd’hui un des meilleurs garants contre une relance de la guerre des monnaies», veut croire Dominique Greiner dans La Croix.

Enfin, pour Jean-Pierre Robin du Figaro, «tous ceux que la +tragédie grecque+ a passionnés trouveront de l'intérêt à l'+opéra de Pékin+, dont le premier coup de gong vient de retentir». Une manière de dire que le feuilleton ne fait que commencer.