Le pétrole finit en baisse une nouvelle semaine de neurasthénie

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Un surfeur devant une plateforme pétrolière à Huntington Beach, en Californie, le 31 juillet 2015
Un surfeur devant une plateforme pétrolière à Huntington Beach, en Californie, le 31 juillet 2015 — MARK RALSTON AFP

Les cours du pétrole ont baissé vendredi à New York et Londres, concluant ainsi leur sixième semaine consécutive de baisse, dans un marché sur lequel planait toujours la perspective d'une offre excessive.

Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en septembre a cédé 79 cents à 43,87 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), enregistrant une baisse de plus de trois dollars sur l'ensemble de la semaine.

A Londres, le prix du baril de Brent, la référence européenne du brut, a reculé de 91 cents à 48,61 dollars pour le contrat de septembre sur l'Intercontinental Exchange (ICE)

«Le marché continue à se replier», a souligné Gene McGillian, de Tradition Energy. «On reste face aux facteurs qui ont fait baisser (...) le baril de WTI à son plus bas niveau depuis quatre mois: les inquiétudes sur l'excès d'offre et sur le déclin de la demande, en particulier en Chine.»

Depuis juillet, les cours, qui s'étaient stabilisés pendant le printemps autour de 60 dollars le baril, ont rechuté et en effet retrouvé des niveaux qu'ils n'avaient plus vus depuis mars. Surtout, ils n'ont plus qu'à baisser un tout petit peu pour atteindre leurs plus bas niveaux depuis plus de six ans.

«On entend de nouveau dire que les cours du pétrole brut sont retombés à des niveaux qui vont s'avérer n'être pas viables, mais on ne voit pas comment l'équilibre du marché mondial pourrait évoluer vers un déficit d'offre, du moins à moyen terme», a reconnu Tim Evans, de Citi.

Les Etats-Unis, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et la Russie contribuent tous au niveau fort de l'offre en continuant à produire du pétrole à un niveau élevé.

- Spectre iranien -

Du côté américain, où la production a nettement rebondi la semaine dernière, les investisseurs ont digéré vendredi l'une des rares nouvelles pétrolières du jour, qui s'est avérée plutôt défavorable, avec une hausse de six unités du nombre de puits en activité aux Etats-Unis, selon un décompte établi par le groupe privé Baker Hughes.

De plus, «les cours de l'essence continuent à être sous pression, au moment où l'on attaque la fin de la saison des grands déplacements, alors que les stocks sont plus que suffisants», a souligné Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

Le marché ne s'est pas montré plus enthousiaste au sujet de l'Opep, d'autant que «l'on pourrait voir de nouveaux barils de pétrole sur le marché à cause de l'Iran», et de l'accord nucléaire conclu avec les grandes puissances à la mi-juillet, a noté M. McGillian.

En attendant ces éventuels barils iraniens, ce sont surtout l'Arabie saoudite et l'Irak, les deux plus gros producteurs du cartels, qui ont contribué à la récente augmentation de l'offre de l'Opep, nettement supérieure dans les faits à son plafond théorique de 30 millions de barils par jour (bpj).

«Dans le contexte de la politique actuelle de l'Opep, nous pensons que le cartel va augmenter sa production en 2016, ce qui va contribuer à la progression des réserves mondiales déjà élevées et va ralentir le rythme de la reprise des prix», ont estimé les analystes de BNP Paribas.

«On a vraiment peur que l'excès d'offre ne se dissipe pas prochainement», a conclu M. McGillian.