Affaire Volkswagen: Martin Winterkorn, un patron emporté par le scandale

AUTOMOBILE Il était entré chez Volkswagen en 1996...

20 Minutes avec AFP
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Martin Winterkorn, président de Volkswagen, le 17 mars 2015 à Stuttgart
Martin Winterkorn, président de Volkswagen, le 17 mars 2015 à Stuttgart — Thomas Kienzle AFP

Martin Winterkorn, aux commandes depuis 2007 du mastodonte automobile Volkswagen, n’a pas résisté à la pression : le scandale du trucage des moteurs diesel a mis fin prématurément à sa carrière chez VW. Ce technicien tatillon surnommé « M. Qualité », connu pour son perfectionnisme, était connu pour faire trembler ses ingénieurs en auscultant de près chaque nouveau modèle avant son lancement.

« Je connais chaque vis de nos voitures », se plaisait-il à dire. Une affirmation qui pourrait aujourd’hui se retourner contre lui, lorsque seront examinées les responsabilités dans le scandale qui a vu le groupe truquer des moteurs diesel. Mardi il a été obligé de reconnaître qu’il n’avait pour l’heure « pas toutes les réponses » aux questions que soulève le scandale.

Des études en physique des métaux

Jusqu’à récemment, l’ingénieur de formation aux cheveux gris et lunettes fines apparaissait en position de force au sein du groupe à l’issue du duel en coulisses l’ayant opposé au printemps à son ancien mentor, Ferdinand Piëch. C’est à ce dernier, petit-fils de l’inventeur de la Coccinelle Ferdinand Porsche et « patriarche » de Volkswagen, que Martin Winterkorn, 68 ans, doit son ascencion au sein de ce fleuron de l’industrie allemande.

Né le 24 mai 1947 près de Stuttgart (sud-ouest), fief du constructeur Daimler, l’actuel patron du groupe Volkswagen est entré chez Audi en 1981 comme assistant à la direction de la qualité après des études en physique des métaux et des débuts professionnels chez l’équipementier Bosch. Repéré par M. Piëch, il gravit les échelons au sein de la marque aux anneaux, puis devient responsable de la division qualité du groupe Volkswagen en 1993 à la demande de son maître à penser.

Amateur de football

En 1996, il est nommé directeur du développement technique pour la marque Volkswagen, puis assure entre 2000 et 2002 la fonction de directeur de la recherche et développement pour l’ensemble du groupe, avant de revenir chez Audi en tant que chef de la marque. Depuis son arrivée à la tête du groupe Volkswagen en 2007, avec Ferdinand Piëch comme président du conseil de surveillance, cet amateur de football relativement discret a enregistré de nombreuses réussites, transformant le groupe en un géant à douze marques, parmi lesquelles Audi, Porsche et Seat pour les voitures mais aussi MAN et Scania pour les camions et Ducati pour les motos.