Après le scandale Volkswagen, les constructeurs français ont-ils du souci à se faire?

AUTOMOBILE Ségolène Royal a annoncé que des véhicules français allaient être contrôlés de manière aléatoire...

L.C.
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Pollution automobile. station de detection et d'analyse des polluants mise en place par l'ORAPIP. (Observatoire Regional de l'air en Midi Pyrenees.). Rocade.
Pollution automobile. station de detection et d'analyse des polluants mise en place par l'ORAPIP. (Observatoire Regional de l'air en Midi Pyrenees.). Rocade. — Alexandre GELEBART/20MINUTES

Une chasse aux voitures polluantes ? Dans la foulée du scandale Volkswagen, la ministre de l’Ecologie a annoncé ce jeudi que des véhicules français allaient être contrôlés de manière aléatoire pour vérifier qu’ils respectent les normes d’homologation. Alors que cette affaire jette la suspicion sur tous les véhicules diesel, les constructeurs automobiles français veulent à tout prix éviter l’amalgame.

Une crise de confiance

« C’est un cataclysme de confiance pour le secteur », affirme François Roudier, directeur de la communication du Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA). Si le numéro un mondial de l’automobile, réputé pour la qualité de ses produits et la rigueur de ces procédés industriels, a pu tricher, le soupçon se propage facilement à ses concurrents.

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L’Etat souhaite une enquête approfondie et plus de contrôles. « Tant mieux », répondent à l’unisson les constructeurs français pressés de sortir de cette ère du soupçon. « L’ingénierie Renault respecte la réglementation, elle rappelle que ses véhicules ne sont pas équipés de dispositifs de manipulation permettant de contourner la réglementation sur les émissions », a déclaré un porte-parole de la marque au Losange. PSA a souhaité transmettre le même message, affirmant que le groupe « respecte les procédures d’homologation en vigueur dans tous les pays où il opère ».

« Pour sortir de cette crise de confiance et prouver que les constructeurs français ne fraudent pas, nous souhaitons qu’une enquête soit menée par des instances indépendantes, à l’échelle européenne ou nationale », insiste le CCFA, qui prône également la mise en place de nouveaux tests de pollution pour les voitures, les contrôles actuels étant accusés d’être insuffisants.

Des tests faciles à déjouer 

A l’heure actuelle, il n’y a pas de tests de pollution en conditions réelles et en continu. Les véhicules sont testés une fois, lors de l’homologation, selon un protocole élaboré dans les années 1950 et modifié pour la dernière fois en 1990. « C’est un peu comme lorsque l’on passe le Bac, les voitures sont bien préparées », explique François Roudier du CCFA.

Ainsi, l’ONG Transport & Environment estime dans un rapport paru le 15 septembre dernier qu’il y a un « écart croissant entre les émissions polluantes en conditions réelles et les résultats des tests » et que seule une voiture sur dix en Europe respecte réellement les normes antipollution. L’association dénonce des conditions des tests qui « ne correspondent pas à celles de la conduite sur route », « trop de flexibilités et de failles dans les protocoles qui permettent aux constructeurs de déjouer le système » et un « manque de transparence des procédures de test ».

Il est d’ailleurs « assez facile » de tricher, peut-on lire dans ce rapport prémonitoire, grâce à « des commandes et des capteurs électroniques sophistiqués pour repérer les conditions de tests d’essai, notamment un capot ouvert ou des roues arrières fixes ».

Vers des contrôles plus représentatifs ?

Mais les choses devraient changer après le scandale Volkswagen. Les constructeurs appellent de leurs vœux des contrôles plus sophistiqués, à l’instar de Renault qui souhaite « la mise en place de tests européens d’homologation représentatifs des conditions réelles ».

Comme Transport & Environment, le CCFA soutient le déploiement des cycles d’homologation WLTC et RDE, des protocoles plus exigeants qui sont déjà dans les tuyaux du Parlement européen et de la Commission européenne.