Scandale Volkswagen: Le point sur une nouvelle journée de déballage

TRICHE Les aveux sont prononcés, les enquêtes ouvertes et les têtes coupées...

N.Bg.
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Meeting des actionnaires de Volkswagen à Hambourg le 12 mars 2015.
Meeting des actionnaires de Volkswagen à Hambourg le 12 mars 2015. — Stefan Boness/Ipon/SIPA

Le scandale des moteurs diesel du groupe Volkswagen a pris une ampleur inédite ce mardi, le constructeur allemand admettant que 11 millions de ses véhicules dans le monde étaient équipés du logiciel de trucage aux tests anti-pollution découvert aux Etats-Unis. On fait le point sur cette incroyable triche et sur ses conséquences mondiales.

[CORRECTION] La pollution cachée des automobiles diesel #Volkswagen, par @AFPgraphics #AFP pic.twitter.com/HN1SNCiDNC
— Agence France-Presse (@afpfr) 22 Septembre 2015

Le grand déballage

« On a totalement merdé ». Peu commune dans la bouche d’un grand patron, la phrase a été prononcée par Michael Horn, PDG de Volkswagen America, tard lundi soir lors d’un événement promotionnel. « Notre entreprise a été malhonnête », a-t-il reconnu, avant que le groupe n’officialise l’ampleur de sa triche en fin de matinée ce mardi : onze millions de véhicules, des différentes marques du groupe qui possède aussi Skoda, Seat, Audi et Porsche, ont été équipés du logiciel de trucage leur permettant de tromper les mesures d’émissions de gaz polluants. La triche concerne tous les moteurs diesel de type EA189.



Les têtes tombent

L’information n’est pas encore officiellement confirmée, mais le journal allemand Tagesspiegel est catégorique : le patron de Volkswagen Martin Winterkorn, 68 ans, sera mis à la porte d’ici à la fin de la semaine. Il devrait être remplacé par le patron de Porsche. En attendant, celui-ci s'est a présenté ses excuses dans un message vidéo. Mais il n'a pas démissionné.

Les enquêtes s’ouvrent

Volkswagen est dans le viseur partout dans le monde : le ministre des Transports italiens va ouvrir une enquête, les représentants de Volkswagen ont été convoqués par le gouvernement sud-coréen, une enquête pénale est ouverte aux Etats-Unis, Angela Merkel « espère que les faits viendront sur la table le plus vite possible » et Emmanuel Macron va vite se prononcer sur une éventuelle enquête en France. Face au déferlement, le constructeur fait profil bas. Le responsable de sa branche américaine a promis de coopérer et de « faire ce qu’il faut avec le gouvernement, le public, nos clients, nos employés, et aussi très important, avec nos concessionnaires ».

Difficultés financières en vue

Après sa chute de 18% lundi, le cours de l’action Volkswagen continue de dégringoler ce mardi. Le groupe a aussi une amende d’un montant maximal de 16 milliards d’euros qui lui pend au nez, sans compter le coût des rappels de voitures et d’éventuelles procédures en justice. Il compte mettre 6,5 milliards d’euros sous forme de provisions dans ses comptes du troisième trimestre, et a d’ores et déjà revu ses objectifs à la baisse.



La contre-attaque des constructeurs

Vite, se désolidariser du mouton noir. Si la Commission européenne a jugé prématuré «des mesures de surveillance immédiates spécifiques», les constructeurs français ont repris l’idée au vol. L'ouverture d'une enquête «permettra de confirmer que les constructeurs français respectent les procédures d'homologation en vigueur dans tous les pays où ils opèrent», a assuré le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA) ce mardi. Son équivalent  au Royaume-Uni, le SMMT, a assuré qu’il «n'y a aucune preuve que les constructeurs trichent sur le cycle» européen, une procédure «effectuée dans des conditions strictes comme exigé par les règles européennes et contrôlées par une agence de certification indépendante nommée par l'Etat».