Affaire Volkswagen: Comment la supercherie a été découverte

AUTOMOBILE Le constructeur aurait vendu près de 500.000 véhicules Diesel qui enfreignent les réglementations écologique...

L.C. avec AFP

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Le logo de Volkswagen, le 7 mars 2012
Le logo de Volkswagen, le 7 mars 2012 — ODD ANDERSEN AFP

Aux Etats-Unis, Volkswagen a été épinglé pour avoir vendu près de 500.000 véhicules Diesel qui enfreignent les réglementations écologiques. Une très mauvaise nouvelle pour le groupe déjà affecté par le recul de ses ventes en Chine.

De quoi est accusé Volkswagen ?

Les autorités américaines accusent le constructeur d’avoir volontairement enfreint certaines réglementations antipollution. Aux Etats-Unis, 482 000 véhicules Diesel auraient été équipés d’un dispositif permettant de « tricher » lors des tests de mesures de la pollution en dissimulant les émissions réelles de gaz polluants.

Comment fonctionne la supercherie ?

Il s’agit d’un petit logiciel sophistiqué capable de détecter automatiquement à quel moment le véhicule est soumis à un test de mesure antipollution par les autorités. Dans ce cas, un mécanisme interne qui limite l’émission de gaz polluants est enclenché. Le véhicule peut ainsi passer sans encombre le test antipollution et recevoir un certificat de bonne conduite écologique.

Dès la fin du test, le mécanisme antipollution se désactive et le véhicule libère dans l’atmosphère davantage de gaz polluants, notamment du dioxyde d’azote, dans des quantités supérieures aux normes indiquées par Volkswagen.

Comment le scandale a-t-il été révélé ?

C’est l’agence environnementale américaine (EPA) qui a révélé ces informations en publiant un communiqué vendredi. Mais la supercherie aurait pu passer totalement inaperçue sans l’ONG l’International Council on Clean Transportation, qui a alerté des chercheurs de l’université de Virginie Occidentale. Après des tests indépendants, les scientifiques ont observé des écarts entre les émissions de gaz réelles et déclarées des voitures Volkswagen.

 

L’EPA et une agence de l’Etat de Californie se sont ensuite saisies de l’affaire, notifiant à Volkswagen une violation de la loi sur l’air propre (Clean Air Act) concernant les modèles Golf, Audi A3, Passat et Beetle vendus depuis 2008 dans le pays.

Comment le groupe a-t-il réagi ?

Le patron de Volkswagen a fait son mea culpa dimanche. Martin Winterkorn a affirmé « regretter profondément » les malversations et a promis de coopérer avec les autorités. Mais de simples excuses ne suffiront pas à redorer l’image du constructeur, d’autant plus que ce scandale attise la méfiance d’autres pays.

La Corée du Sud a annoncé ce lundi qu’elle allait tester le niveau d’émissions polluantes de certains modèles Volkswagen. En Allemagne, le gouvernement a réclamé ce lundi aux constructeurs automobiles des informations pour vérifier s’il y a eu des tricheries similaires à celle de Volkswagen.

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Et le marché ?

Sans surprise, l’action Volkswagen a dévissé ce lundi. A la Bourse de Francfort, elle a perdu 20 % à la mi-journée, chutant à 127 euros.

Quelles sanctions encourt Volkswagen ?

La responsabilité civile du groupe pourra être engagée, avec à la clé des pénalités colossales à payer. L’amende maximale pour une violation de la loi sur l’air propre (Clean Air Act) s’élève à 37.500 dollars par véhicule. En théorie, le groupe pourrait donc verser plus de 18 milliards de dollars.

La filiale américaine du groupe est également visée par une enquête du département de la Justice américain, révèle ce lundi l’AFP.

Au-delà du coût d’un éventuel rappel des 500 000 véhicules et des amendes encourues, ce scandale risque de ternir durablement l’image du constructeur allemand.