Pour la France, l'économie chinoise ne représente pas de «danger important», estime Michel Sapin

ECONOMIE La France continue de soutenir la montée en puissance du yuan «parallèlement» à celle de l'euro...

20 Minutes avec AFP

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Michel Sapin et le Premier ministre chinois Li Keqiang à Pékin, le 18 septembre 2015.
Michel Sapin et le Premier ministre chinois Li Keqiang à Pékin, le 18 septembre 2015. — Fred Dufour/AP/SIPA

La France encourage l'essor international du yuan et son inclusion dans le panier de devises du FMI, a affirmé vendredi Michel Sapin, en assurant que l'essoufflement de l'économie chinoise ne représentait «pas de danger important» pour la stabilité mondiale. «La situation chinoise mérite qu'on y soit très attentif, mais elle ne mérite pas qu'on se fasse peur», a expliqué devant des journalistes le ministre français des Finances, en visite à Pékin.

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La France continue de soutenir la montée en puissance du yuan «parallèlement» à celle de l'euro, pour que les deux monnaies «puissent avoir un poids dans les institutions internationales et dans les échanges qui corresponde au poids des économies» européenne et chinoise, avait peu avant assuré Michel Sapin, en ouverture de la 3e session du «Dialogue économique et financier» entre les deux pays.

«La France fait confiance à la Chine» pour «rééquilibrer» son modèle économique

En particulier, Paris se montre «favorable» à l'intégration du yuan dans les Droits de tirage spéciaux, l'unité de compte du Fonds monétaire international (FMI), actuellement composée de quatre devises (dollar, euro, livre et yen).

La soudaine dévaluation cet été du renminbi, la monnaie chinoise, avait été largement perçue comme un effort de Pékin pour doper l'activité et avait provoqué de vives turbulences, mais cette mesure «tendrait plutôt à rapprocher le yuan» de sa valeur réelle sur les marchés, a tempéré Michel Sapin. Alors que le récent effondrement des Bourses chinoises a avivé les craintes d'un ralentissement brutal de l'économie chinoise -moteur de la croissance mondiale-, le ministre français s'est voulu rassurant, y voyant «une correction nécessaire».

«Nous ne considérons pas aujourd'hui qu'il y a un danger particulièrement important (...) La France fait confiance à la Chine» pour «rééquilibrer» son modèle économique vers la consommation intérieure même si «les périodes de rééquilibrage peuvent nourrir des hésitations», a-t-il indiqué. Attendue à «environ 7%» par Pékin, la croissance chinoise devrait enregistrer cette année sa plus faible performance depuis un quart de siècle, sur fond de contraction du secteur manufacturier.