Pourquoi les maires descendront dans la rue samedi

POLITIQUE Une partie des maires de France appelle à des manifestations pour que les citoyens se mobilisent contre la baisse des dotations de l'Etat aux communes...

O. G.
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Francois Baroin lors d'un point de presse des présidents des associations du bloc communal sur les consequences de la baisse des dotations et la reforme de la DGF.
Francois Baroin lors d'un point de presse des présidents des associations du bloc communal sur les consequences de la baisse des dotations et la reforme de la DGF. — SIPA

Attention maires en colère. Alors que l’Association des maires de France (AMF) appelle à une large mobilisation samedi, 20 Minutes fait le point sur cette journée d’action.

Que va-t-il se passer samedi ?

Rencontres avec les élus, rassemblements, pétition en ligne, tractage sur les marchés… L’AMF, qui regroupe 90 % des maires, appelle les citoyens à se mobiliser samedi matin sur tout le territoire pour dénoncer la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités, qui plonge certaines dans de graves difficultés financières. Objectif ? Mettre la pression avant la présentation de la loi de finances 2016 et sa discussion au Parlement en octobre.

Pourquoi cette mobilisation ?

Entamée en 2014, la baisse de 30 % des dotations de l’Etat doit représenter sur quatre ans un manque à gagner de 28 milliards d’euros pour les collectivités territoriales, dont 15,8 milliards pour les villes. « Inacceptable » pour l’AMF qui réclame une réduction des volumes et une révision du calendrier. Plus de temps, récupérer certaines recettes fiscales… mais surtout plus de concertation. Dans un communiqué, l’AMF insiste : « La maîtrise des dépenses de fonctionnement demeure une priorité. Mais l’Etat ne cesse d’accroître la dépense locale (rythmes scolaires, accessibilité…), à charge pour les élus de trouver les financements. » Les maires mettent en garde contre une réduction des frais de fonctionnement ou des subventions aux associations qui menaceraient les services de proximité.

Mouvement des maires ou mobilisation contre le gouvernement ?

Tous les maires n’adhèrent pas au mouvement, certains élus de gauche dénonçant même une manœuvre « contre le gouvernement ». Inquiet, le PS a d’ailleurs battu le rappel. Avec une lettre, qui souligne que « ce 19 septembre a fini par apparaître comme une journée de contestation du pouvoir plutôt que de défense des collectivités », révèle Libération. Ni Anne Hidalgo (maire de Paris), ni Martine Aubry (Lille), ni Gérard Collomb (Lyon), trois socialistes de poids, ne s’associent au mouvement.

Quelle est la réponse du gouvernement ?

A trois mois des élections régionales, la grogne des élus locaux tombe mal pour le gouvernement. Qui a répondu partiellement aux préoccupations des élus en annonçant fin août la création d’un fonds doté d’un milliard d’euros pour soutenir les projets d’investissement que les collectivités ne parviennent pas à financer. Lundi François Hollande a précisé que 500 millions seront affectés aux zones rurales. Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation annonce ce vendredi dans Les Echos une réforme dès 2016 de la Dotation globale de fonctionnement (DGF) des collectivités locales, autre inquiétude des maires. Chaque ville recevra une dotation de base entre « 70 et 75 euros par habitant ».

Baroin met en garde l’Europe

Le patron de l’AMF, François Baroin, a été jusqu’à Bruxelles pour se faire entendre. Jeudi, le maire de Troyes (Les Républicains) a alerté Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, « sur la dégradation de la situation financière » des communes françaises. Qui selon l’AMF « va impacter directement leur capacité d’apporter leur contribution au plan de relance européen par l’investissement, dit plan Juncker ».

Qu’en pensent les Français ?

Selon un sondage pour Les Echos, 62 % des Français jugent le mouvement « justifié ». Mais 52 % estiment que les communes pourraient faire face à ces baisses de dotations sans avoir à augmenter leurs tarifs ou leurs impôts, en faisant des économies.