Blablacar est une «licorne» qui vaut de l'or

ECONOMIE Le leader mondial du covoiturage vient de lever 200 millions de dollars et compte bien poursuivre son ascension...

Anissa Boumediene

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Illustration de la société BlaBlaCar dans ses locaux à Paris le 18 avril 2015.
Illustration de la société BlaBlaCar dans ses locaux à Paris le 18 avril 2015. — SIPA

Ça y est, Blablacar passe dans la cour des grands et intègre le cercle très fermé des « licornes », ces start-up non cotées en bourse et valorisées à plus d’un milliard de dollars. Ce jeudi, le leader mondial du covoiturage a annoncé une levée de fonds de 200 millions d’euros, et est désormais valorisé à 1,6 milliard de dollars (1,4 milliard d’euros). 20 Minutes s’est penché sur ce succès à la française.

Un modèle économique qui fonctionne

« C’est une entreprise qui a trouvé un modèle économique qui fonctionne bien : un modèle de développement propre au numérique, de mise en relation, qui a fait le succès d’autres start-up comme Airbnb, Uber ou encore Le Bon Coin », analyse Thierry Pénard, directeur du Master Economie des technologies de l’information et du e-business à l’Université de Rennes I et auteur de Economie du numérique et de l’internet (éd. Vuibert).

Si Blablacar fonctionne aussi bien en France qu’à l’international, c’est parce qu’elle est rapidement devenue la plateforme incontournable dans son secteur. Elle repose sur un effet de réseau. Mais aussi parce que « l’entreprise a été pensée à l’américaine : d’abord créée pour le marché intérieur, ici la France, mais déclinable à l’international. D’où l’importance de la levée de fonds pour y parvenir », poursuit-il.

Un investissement rentable

Et les investisseurs, Blablacar sait les séduire. Aujourd’hui valorisée à 1,6 milliard de dollars, l’entreprise française a réussi à lever 200 millions de dollars (177 millions d’euros) auprès d’investisseurs américains. « Une première en France », précise Laure Wagner, porte-parole et toute première employée de Blablacar. « Les licornes sont presque toutes américaines. C’est rare qu’on ait un tel succès pour une entreprise française. Il y a bien eu Criteo, qui s’adresse aux entreprises et aux annonceurs, mais Blablacar est un modèle grand public », précise Thierry Pénard.

« Les premières levées de fonds sont souvent les plus difficiles pour de jeunes entreprises, qui manquent de visibilité. Mais aujourd’hui, Blablacar n’a plus ce problème, elle bénéficie de la confiance des investisseurs, américains notamment, qui savent qu’elle représente un investissement rentable. Ils se basent sur sa croisssance, l’augmentation de ses marges et sa position de leader dans les pays où elle est implantée », décrypte l’économiste. « Après chaque levée de fonds, nous avons réussi à atteindre les objectifs que nous nous étions fixés, abonde Laure Wagner. Mais les investisseurs sont là pour nous aider et pas l’inverse ».

Poursuivre son expansion

La société française ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Avec ces 200 millions de dollars, Blablacar suit sa « roadmap », comme l’appelle sa porte-parole. « Nous allons poursuivre notre expansion à l’international, indique Laure Wagner. Après le Mexique, nous travaillons actuellement sur le Brésil ». Et le reste de l’Amérique du sud et l’Asie du sud-est devraient suivre.

Les marchés existants ne sont pas oubliés pour autant et Blablacar planche encore pour développer le marché en Turquie ou encore en Europe de l’est, où l’entreprise s’est récemment implantée. « Nous avons aujourd’hui 20 millions de membres dans 19 pays, nous avons encore de la marge. Et même dans les marchés matûres comme la France, l’Italie ou l’Allemagne, nous pouvons continuer et à trouver de nouveaux leviers, comme l’assurance supplémentaire, et démocratiser encore le covoiturage », espère la première employée recrutée par Blablacar.

Et pour mener à bien son expansion, la start-up, qui a co-lancé l’opération « Reviens Léon, on innove à la maison » pour attirer les expatriés français, recherche de nouveaux talents.