Grèce: le Bundestag allemand devrait voter vendredi

© 2015 AFP

— 

La chancelière allemande Angela Merkel, le président du Bundestag Norbert Lammert (au c.) et le patron du SPD Sigmar Gabriel, le 29 juin 2015 à Berlin
La chancelière allemande Angela Merkel, le président du Bundestag Norbert Lammert (au c.) et le patron du SPD Sigmar Gabriel, le 29 juin 2015 à Berlin — JOHN MACDOUGALL AFP

Les députés allemands devraient se prononcer vendredi sur le principe d'un troisième plan d'aide international à la Grèce, a indiqué lundi le président de la chambre basse du parlement, Norbert Lammert.

Interrogé par l'AFP sur la date à laquelle les députés allemands, en vacances parlementaires depuis le 3 juillet, pourraient être convoqués en session extraordinaire, M. Lammert a répondu : «Il semble bien que cela soit pour vendredi matin».

Le vote du Bundestag est toutefois conditionné à un vote du parlement grec, qui doit lui aussi approuver le principe de l'aide et mettre sur les rails dans les prochains jours plusieurs des réformes promises à ses partenaires européens en échange d'un nouveau renflouement.

Une fois que les Grecs auront voté, le gouvernement allemand déposera formellement, vraisemblablement jeudi, sa requête à son propre parlement, selon des sources de la coalition à Berlin.

Le vote allemand doit donner un mandat au gouvernement pour les négociations proprement dites sur la nouvelle aide, sur laquelle les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro se sont mis d'accord lundi matin à l'issue de 17 heures de négociations à Bruxelles. Ensuite, une fois définis les contours exacts du programme d'aide, le Bundestag devra voter à nouveau, mais sans doute seulement dans plusieurs semaines voire plusieurs mois.

S'exprimant à Bruxelles lundi matin, la chancelière Angela Merkel s'était dite confiante d'obtenir le «oui» de l'assemblée, à qui elle recommande «en toute conviction» de se ranger derrière l'accord trouvé.

Dans les rangs de son camp conservateur (CDU/CSU), la grogne a enflé ces dernières semaines et beaucoup étaient réticents à soutenir à nouveau la Grèce financièrement. Mais les conditions drastiques posées par les Européens à cette nouvelle aide, qui portent fortement la marque des revendications allemandes, devraient contribuer à les amadouer.

En outre, même s'ils expriment en amont leur mécontentement, ils ont pour habitude une fois venue l'heure de voter de se ranger derrière Mme Merkel.

Lundi matin le président du groupe parlementaire conservateur, Volker Kauder, a d'ores et déjà, lors d'une réunion du groupe recommandé, de voter «oui», selon des participants, arguant que ce n'était pas «un paquet de fourniture de liquidités à la Grèce» mais un programme imposant des réformes en profondeur.

Cela n'empêchera pas le débat parlementaire d'être «difficile et coûteux» en terme de capital politique, anticipait lundi pour l'AFP Pawel Tokarski, analyste de la Fondation sciences et politique (SWP) à Berlin.

Le feu vert du Bundestag ne fait en tout cas pas de doute, vu la large majorité dont dispose la «grande coalition» au parlement (504 sur 631 députés), et alors que l'opposition, au moins les Verts, devrait approuver une nouvelle aide.

Le soutien devrait être franc également du côté des députés sociaux-démocrates (SPD), partenaire de gouvernement des conservateurs.