LU: le gouvernement laissera faire

AGROALIMENTAIRE François Fillon ne trouve aucune raison d'intervenir…

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Les biscuits LU, qui ont accompagné les goûters de générations de petits Français, seraient sur le point d'être absorbés par le géant américain Kraft qui le rachèterait à son concurrent Danone, selon le Financial Times, une cession qui inquiète les syndicats.
Les biscuits LU, qui ont accompagné les goûters de générations de petits Français, seraient sur le point d'être absorbés par le géant américain Kraft qui le rachèterait à son concurrent Danone, selon le Financial Times, une cession qui inquiète les syndicats. — Franck Perry AFP/Archives

Le gouvernement n'intercédera pas dans la vente de LU. «Les entreprises françaises achètent beaucoup d'entreprises aux Etats-Unis. Il n'y aurait pas de raison de s'opposer à ce que les entreprises américaines fassent de même, tant qu'on n'est pas sur des secteurs stratégiques et tant qu'il n'y a pas de menace sur l'emploi», a déclaré le Premier ministre François Fillon, mercredi, sur RMC Info-BFM TV.

Le gouvernement «très atttentif»

Mardi, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, avait assuré néanmoins que le gouvernement reste «très attentif» et souhaite que «l'emploi soit maintenu» et que «les usines restent en France».

Mardi, les délégués de personnel de LU France ont exprimé leurs craintes pour l'emploi et le comité central d'entreprise se réunira le 11 juillet, selon FO. Le syndicat y exigera «des garanties sur l'emploi, le statut social des salariés et le devenir industriel de la société». Franck Riboud, patron de Danone, a reconnu qu'il n'avait «pas oublié l'émotion suscitée par la restructuration» de LU en 2001 qui avait entraîné la fermeture des usines de Ris-Orangis (Essonne) et Calais.

Pour rassurer les salariés, Kraft Foods s'est engagé «à ne procéder à aucune fermeture de site de production de Danone en France pour une durée minimale de trois ans à compter de la signature de l'accord». Ce qui, selon les syndicats, «ne garantit en aucune façon (contre) d'éventuelles restructurations ou cessions externes des différents établissements».

La classe politique s'était montré plus concernée lors des rumeurs de rachat de Danone par PepsiCo, durant l'été 2005. Le Parlement avait alors voté un amendement "Danone" pour limiter les tentatives d'OPA hostiles.

Faut-il vendre LU aux Américains? Qu'en pensez-vous?