François Villeroy de Galhau, un «catho de gauche» habitué des ministères, en passe de prendre la banque de France

ECONOMIE C'est un proche de Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l'Elysée...

20 Minutes avec AFP

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François Villeroy de Galhau à Paris, le 16 mai 2013
François Villeroy de Galhau à Paris, le 16 mai 2013 — Bertrand Guay AFP

L’Elysée a proposé mardi François Villeroy de Galhau comme prochain gouverneur de la Banque de France. Agé de 56 ans, il a officié dans plusieurs cabinets de gauche avant de rejoindre la banque BNP Paribas, où il a prôné une vision éthique de la finance, conforme à ses convictions catholiques.

Issu d'une riche famille industrielle (Villeroy et Boch) de l'Est de la France, ce Strasbourgeois de naissance a débuté sa carrière au ministère des Finances où il a passé près de vingt ans. Il a notamment été le directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l'Economie, entre 1997 et 1999, puis de Christian Sautter au même poste. Il a également été conseiller technique de Pierre Bérégovoy, à Bercy puis à Matignon.

Catholique engagé

François Villeroy de Galhau rejoint le secteur privé au début des années 2000 pour devenir PDG de Cetelem, filiale de crédit à la consommation du groupe BNP Paribas, dont il a gravi les échelons jusqu'à en devenir le directeur général délégué en 2011.

En avril 2015, il s'était vu confier par le gouvernement une mission sur le financement de l'investissement, pour laquelle il quitte la banque.

Sa démission avait alors été largement interprétée comme une phase de transition avant la Banque de France, après l'échec en 2013 d'une candidature dévoilée trop tôt à la direction du Trésor.

Catholique engagé, il publie régulièrement des tribunes dans le journal La Croix, propriété du groupe Bayard Presse dont il est membre du conseil de surveillance. Il a également écrit un ouvrage publié à la Librairie Vaticane: «Le Développement des activités financières au regard des exigences éthiques du christianisme».

Très en pointes sur les questions liées à la responsabilité sociale

«Avoir ce positionnement et être le patron de Cetelem qui fait du crédit à la consommation, c'est difficilement conciliable. Il a cherché à définir une voie moralisant un tant soit peu la consommation mais en même temps dans une boîte comme BNP il faut montrer que vous livrez la marchandise derrière, en termes de résultats», analyse un banquier auprès de l'AFP.

Chez BNP Paribas, ce partisan d'une vision éthique et responsable du métier de banquier s'occupait notamment des questions liées à la responsabilité sociale et environnementale.

«Il fait partie des dirigeants chrétiens de gauche. Il faut savoir maîtriser cette composante sociale, je pense qu'il en parle différemment après 20h et avant 20h», estime un observateur du secteur bancaire.

A gauche, il a de solides appuis. Polytechnicien et issu de la promotion Louise Michel de l'ENA, comme le ministre de l'Economie Pierre Moscovici ou Philippe Wahl, le patron de la Poste, M. Villeroy de Galhau, passé par l'Inspection générale des Finances, est également un proche de Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l'Elysée.