Pologne: les conservateurs opposés à l'adoption de l'euro

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Pologne: Beata Szydlo, désignée par son parti eurosceptique comme future Première ministre en cas de victoire aux élections législatives, le 20 juin 2015 à Varsovie
Pologne: Beata Szydlo, désignée par son parti eurosceptique comme future Première ministre en cas de victoire aux élections législatives, le 20 juin 2015 à Varsovie — Pawel Supernak PAP

Le parti conservateur polonais Droit et Justice (PiS, opposition), favori aux élections législatives de l'automne, a déclaré jeudi qu'il s'opposerait, en cas de victoire, à une adhésion à l'euro pour que la Pologne ne devienne pas «une deuxième Grèce»

«Oubliez cette mauvaise idée si on ne veut pas que la Pologne devienne une deuxième Grèce», a déclaré aux journalistes Beata Szydlo, désignée par son parti eurosceptique comme future Première ministre en cas de victoire. «Mon gouvernement (...) ne va certainement pas travailler sur l'introduction de l'euro en Pologne».

Selon des sondages récents, l'adhésion à la zone euro est rejetée actuellement par un nombre record de près de 70% des Polonais.

Mme Szydlo, qui est l'adjointe de Jaroslaw Kaczynski à la tête de PiS, a accusé le parti centriste Plateforme civique (PO) au pouvoir de vouloir introduire la monnaie commune en Pologne.

La Première ministre, Ewa Kopacz, a immédiatement riposté à Mme Szydlo en lui reprochant de faire des promesses électorales populistes, très coûteuses pour le budget de l'Etat.

«Je mets en garde contre le recours au populisme, même pendant la campagne électorale. L'exemple de la Grèce, c'est précisément trop de promesses et trop de cadeaux distribués. Je ne veux pas de Grèce en Pologne», a-t-elle déclaré aux journalistes.

Lors de la présidentielle récente, le candidat malheureux de la PO à sa reélection, Bronislaw Komorowski, avait assuré que ce parti n'avait pas de projets imminents de rejoindre la zone euro.

La Pologne qui, avec ses 38 millions d'habitants constitue de loin la plus grande économie d'Europe centre-orientale, n'a pas fixé de date pour son adhésion à l'euro. Ce pays connaît une croissance ininterrompue depuis 1992 et espère respecter en 2015 tous les critères de Maastricht, mis à part l'adhésion au mécanisme ERM II.

En mai, Bruxelles a décidé de clore la procédure de déficit excessif concernant la Pologne.

En rejoignant l'Union européenne en 2004, la Pologne et tous les autres nouveaux adhérents s'étaient engagés à adopter à terme la monnaie unique.