Crise grecque: une semaine critique

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Un commerçant d'Athènes regarde l'intervention du Premier ministre Alexis Tsipras, le 1er juillet 2015
Un commerçant d'Athènes regarde l'intervention du Premier ministre Alexis Tsipras, le 1er juillet 2015 — Louisa Gouliamaki AFP

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a maintenu mercredi son appel à voter non lors du référendum de dimanche sur les demandes des créanciers de la Grèce, tout en assurant vouloir négocier avec eux un troisième plan d'aide.

Mais en Europe, une victoire du non est considérée comme risquant de conduire à la sortie de la Grèce de la zone euro et à une crise majeure des institutions européennes.

La crise qui oppose le gouvernement grec à ces créanciers a pris une tournure dramatique depuis l'annonce samedi de ce référendum.

--SAMEDI 27 JUIN--

Vers 01H00 locale (vendredi 22H00 GMT), Alexis Tsipras annonce un référendum le 5 juillet, visant à accepter ou à repousser la dernière proposition des créanciers sur de nouvelles mesures d'austérité, d'ores et déjà rejetées par Athènes.

«Le peuple doit décider hors de tout chantage», lance-t-il. Les propositions des créanciers «ont pour objectif l'humiliation de tout un peuple».

L'annonce surprise du référendum précipite les Grecs vers les distributeurs d'argent.

Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, qui estime que la Grèce a rompu les négociations, indique que le plan d'aide prendra fin le 30 juin, sans prolongation.

--DIMANCHE 28 JUIN--

Alexis Tsipras annonce la fermeture des banques pour une semaine et l'instauration d'un contrôle des capitaux. Les retraits aux guichets automatiques sont limités à 60 euros par jour.

Le Premier ministre reformule sans succès auprès de l'UE et de la BCE la demande d'une prolongation au delà du 30 juin du programme d'aide.

La Banque centrale européenne (BCE) accorde un sursis en maintenant inchangé le plafond de sa fourniture de liquidités d'urgence aux banques grecques. Le FMI se tient prêt à apporter «son assistance» (Christine Lagarde).

Tout le week-end, d'importantes files d'attente s'étaient étirées devant les distributeurs, les Grecs cherchant à retirer le plus de liquide possible.

--LUNDI 29 JUIN--

Les banques grecques restent fermées, première journée de contrôle de capitaux décrétée par la Grèce, une décision qui déstabilise les bourses mondiales sans toutefois les faire paniquer.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, se lance dans la bataille pour le «oui». «Un +non+ voudrait dire (...) que la Grèce dit +non+ à l'Europe», affirme-t-il, critiquant le gouvernement de gauche radicale de Tsipras et se disant «trahi» par la Grèce.

Le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel lient le référendum au maintien de la Grèce dans l'euro, proposant d'en attendre l'issue avant une éventuelle poursuite des négociations.

Mais parallèlement, François Hollande et Barack Obama sont d'accord «pour favoriser une reprise des discussions». La porte «reste ouverte», déclare de son côté le patron de l'Eurogroupe, affirmant qu'il est encore «concevable» d'éviter un «Grexit», une sortie de la Grèce de la zone euro.

--MARDI 30 JUIN--

La Grèce formule une demande de nouvelle aide sur deux ans permettant de couvrir ses besoins financiers, soit environ 30 milliards d'euros, tout en restructurant sa dette.

A court d'argent, et faute d'accord avec ses créanciers, la Grèce fait défaut sur sa dette vis-à-vis du Fonds monétaire international en n'honorant pas un remboursement de 1,5 milliard d'euros qui était dû ce mardi. Elle devient le premier pays industrialisé à faire défaut vis-à-vis de l'institution.

--MERCREDI 1ER JUILLET--

Dans la nuit, le gouvernement grec fait parvenir aux créanciers une lettre dans laquelle il se dit prêt à accepter les réformes exigées de lui, mais en posant de nouvelles conditions et en demandant des aménagements.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble appelle Athènes à «clarifier ses positions», estimant qu'il n'y a à l'heure actuelle aucune «base pour discuter de mesures sérieuses». Angela Merkel ajoute qu'il n'est pas question de chercher «un compromis à tout prix».

Alexis Tsipras confirme la tenue du référendum et appelle les Grecs à voter non, ce qui sera selon lui «un pas déterminant pour un accord meilleur». Il réaffirme qu'il continuera les négociations après le référendum.

Conférence téléphonique des ministres des Finances de la zone euro qui décide d'attendre le référendum avant de nouvelles discussions.

Le référendum sur l'offre des créanciers à la Grèce est toujours prévu le dimanche 5 juillet.