Zone euro: bonne surprise pour la croissance en juin, malgré la Grèce

© 2015 AFP

— 

Les drapeaux européen et grec, le 25 février 2015 à Athènes
Les drapeaux européen et grec, le 25 février 2015 à Athènes — Louisa Gouliamaki AFP

La croissance de l'activité privée en juin dans la zone euro est à son plus haut depuis quatre ans, une bonne surprise aux yeux des économistes, d'autant que la reprise concerne l'ensemble des pays de la région, malgré l'incertitude sur l'issue de la crise grecque.

L'indice PMI composite s'est inscrit à 54,1 en juin contre 53,6 en mai, a indiqué mardi le cabinet Markit, qui publie cet indicateur. Il s'agit d'une «hausse étonnamment vive», soulignent les analystes de Natixis.

Lorsque le PMI est supérieur à 50 points, cela signifie que l'activité progresse, tandis qu'elle se replie s'il est inférieur à ce seuil.

«Malgré le nuage de la crise de la dette grecque qui menace la région, la croissance économique de la zone euro s'accélère», se réjouit dans un communiqué Chris Williamson, chef économiste de Markit.

«Comme s'il était immunisé contre les craintes concernant la Grèce, le PMI composite de la zone euro pour juin a dépassé les attentes», renchérit Teunis Brosens, d'ING.

L'indice PMI est en ligne avec une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro de 0,4% au deuxième trimestre, ce qui devrait permettre à l'union monétaire d'enregistrer 2% de croissance cette année, «même si ces prévisions reposent largement sur l'issue des négociations autour de la dette grecque et sur leurs effets éventuels sur la croissance au deuxième semestre», selon Chris Williamson.

Mais «dans la mesure où la reprise est tirée par des prix énergétiques plus bas et la baisse de l'euro, elle pourrait s'affaiblir au fur et à mesure que ces éléments joueront un moins grand rôle ces prochains mois», met en garde James Howat, de Capital Economics. «Et étant donné que l'appartenance de la Grèce à la zone euro reste précaire, une sortie désordonnée pourrait encore peser sur la reprise» dans l'union monétaire, selon lui.

Dans le détail, l'indice s'est amélioré tant dans les services que dans le secteur manufacturier. Chris Williamson souligne aussi que «la reprise semble s'être généralisée à l'ensemble de la région».

Le PMI allemand «signale de nouveau une solide croissance» à 54,0. Ce chiffre constitue «une bonne surprise», selon les économistes de Natixis.

Mais c'est surtout la France, où la reprise s'est fait attendre, qui a surpris. Elle «enregistre son meilleur trimestre depuis près de quatre ans» avec un PMI à 53,4, relève Chris Williamson. Il s'agit d'une reprise «impressionnante», souligne Teunis Brosens, qui relève cependant qu'elle est tirée par le secteur des services, tandis que le secteur manufacturier continue d'être à la traîne.

En dehors du noyau franco-allemand, «l'activité enregistre sa plus forte hausse trimestrielle depuis huit ans et l'emploi affiche sa plus forte croissance depuis le troisième trimestre 2007», relève aussi Chris Williamson.