Mobilisation des agriculteurs: Voici le nouveau plan d'aide imaginé par le gouvernement

CRISE Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé une série de nouvelles mesures pour venir en aide au monde agricole...

C.B. avec AFP

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Manuel Valls à l'Elysée le 19 août 2015.
Manuel Valls à l'Elysée le 19 août 2015. — WITT/SIPA

« Nous sommes mobilisés pour que la France demeure la première puissance agricole d’Europe. L’agriculture, c’est notre patrimoine, c’est aussi notre avenir car elle est un formidable atout pour notre économie, pour l’équilibre de notre balance commerciale. »

Jeudi, Manuel Valls a annoncé une nouvelle série d’aides aux agriculteurs en difficulté, permettant selon lui de répondre aux besoins d’investissement de la filière, ce qui est, selon le Premier ministre, « un message d’amour » du gouvernement.

« C’est un message d’amour »

« C’est un message d’amour, c’est un message fort et sincère : vous avez le soutien de la Nation », a lancé le Premier ministre aux agriculteurs, lors d’une conférence de presse à Matignon organisée au terme d’une réunion avec les représentants agricoles, dont le président de la FNSEA Xavier Beulin et celui des Jeunes Agriculteurs Thomas Diemer.

« La France ne lâchera pas ses agriculteurs. Le désespoir, l’humiliation, la colère, nous les entendons. Et avec le gouvernement (…) nous y répondons », a-t-il dit. Le Premier ministre a annoncé de nouvelles mesures de soutien, après le premier plan consacré aux éleveurs en juillet, avec un fort accent mis sur les aides aux investissements.

Les aides versées par l’État, les régions et l’Union européenne seront portées « à 350 millions d’euros par an pendant trois ans », a dit Manuel Valls. En intégrant un effet de levier financier, cela doit permettre selon le gouvernement d’atteindre un milliard d’euros par an.

Répondant à l’une des principales revendications des agriculteurs, Manuel Valls a également annoncé une « année blanche » en 2015 pour le remboursement des dettes bancaires des agriculteurs en difficulté qui en feront la demande.

« On va mettre le feu ! »

Les prises en charge des intérêts d’emprunt seront elles doublées pour atteindre 100 millions d’euros et les prises en charge des cotisations sociales seront triplées pour atteindre 50 millions, a-t-il indiqué. En outre, un alignement de la cotisation maladie sur le régime des indépendants permettra de réduire les charges sociales agricoles de 50 millions d’euros.

Manuel Valls a également fustigé « l’excès de réglementation » et promis la mise en place d’une nouvelle méthode de définition des normes, « fondée en particulier sur la mise en place de tests et sur l’expérimentation ». « D’ici février, et c’est donc une pause, aucune mesure nationale allant au-delà des obligations européennes ne sera prise », a-t-il affirmé.

Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, s’est exprimé peu après le Premier ministre, place de la Nation, où sont stationnés les agriculteurs en colère. Il est revenu sur les mesures annoncées par Manuel Valls. Pour lui, le gouvernement a entendu la colère des paysans et il estime que leurs revendications ont été respectées. Ce qui n’a pas ravi tous les présents : le président a été hué par certains agriculteurs : « Vendu ! », « Démission ! », « On va mettre le feu ! », ont réagi une partie des paysans, surtout bretons, au discours du leader syndical.