La France a remis une offre à la Malaisie pour vendre 18 avions Rafale

AVIATION Mais cette éventuelle acquisition pourrait être freinée par les difficultés économiques de la Malaisie...

20 Minutes avec AFP
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Illustration de trois avions Rafale français.
Illustration de trois avions Rafale français. — Ahmed Abd El Latif/AP/SIPA

Des Rafales en Malaisie? Le dossier avance. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a remis mardi à la Malaisie une offre en vue de l'acquisition par ce pays de 18 chasseurs français Rafale, après des mois de discussions informelles sur le sujet. «Nous avons remis une offre complète (aux) autorités malaisiennes sur leur aviation de chasse, et c'est cette offre-là qui va être étudiée maintenant de manière attentive par les autorités», a déclaré Jean-Yves Le Drian au cours d'une conférence de presse avec son homologue malaisien, Hishammuddin Hussein.

Des concurrents et le ralentissement de l'économie malaisienne

Ce dernier a toutefois estimé qu'avant d'acheter de nouveaux avions de chasse comme le Rafale, la Malaisie devrait prendre en compte les «contraintes économiques» à un moment où ce pays est confronté à un ralentissement de son économie et à la forte dépréciation de sa devise par rapport au dollar. Le ministre a déclaré que les autorités malaisiennes devraient notamment déterminer si une telle acquisition était «abordable». La Malaisie doit remplacer sa flotte de MiG-29 russes dans les prochaines années. Outre le Rafale, le F-18 américain, le Suédois Gripen ou l'Eurofighter représentent d'autres candidats potentiels.

«Cette proposition signe le début des discussions officielles avec la Malaisie pour l'acquisition de 18 avions Rafale», s'est-on félicité dans l'entourage de Jean-Yves Le Drian. Les relations entre les deux pays comprennent «beaucoup d'autres sujets», a souligné Jean-Yves Le Drian, la marine malaisienne ayant notamment déjà acquis des corvettes françaises Gowind et des sous-marins Scorpène. Les deux ministres ont en revanche démenti les rumeurs de discussions pour l'acquisition par Kuala Lumpur d'un des deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) ou Mistral que la France a renoncé à vendre à la Russie en raison de la crise ukrainienne.

Le ministre regrette qu'on ne lui parle que de Rafales

Le ministre français a aussi montré une certaine irritation face aux conjectures récurrentes sur la conclusion de nouveaux contrats de vente de Rafale, après déjà deux succès à l'exportation depuis le début de l'année (Egypte et Qatar). «J'ai en ce moment une grosse difficulté personnelle. Dès que je me déplace, il y a quelqu'un qui dit "il va signer un Rafale". Il m'arrive de me déplacer pour autre chose», a-t-il déclaré. A l'issue de sa visite en Malaisie mardi, Jean-Yves Le Drian devait se rendre en Inde où un contrat pour l'acquisition de 36 Rafale est toujours en discussions, après une annonce en ce sens du Premier ministre Narendra Modi en avril à Paris.

Mais cette étape a été finalement «décalée» et le ministre rentrera directement à Paris à l'issue de ses discussions à Kuala Lumpur, a indiqué le porte-parole du ministère français de la Défense, Pierre Bayle. «Nous n'avons pas pu faire coïncider des agendas», a-t-il dit, sans plus de précisions. En juin, Jean-Yves Le Drian avait estimé que les négociations avec New Delhi évoluaient de manière positive et aboutiraient d'ici à «deux à trois mois».