S&P: le non-paiement de 6,7 mds EUR à la BCE ne constituerait pas un défaut

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Le siège de l'agence Standard & Poor's à New York, en septembre 2012
Le siège de l'agence Standard & Poor's à New York, en septembre 2012 — Emmanuel Dunand AFP

L'agence de notation Standard & Poor's a indiqué lundi que le non-paiement de 6,7 milliards d'euros dus par la Grèce à Banque centrale européenne en juillet et en août ne constituerait pas à ses yeux un défaut.

D'une manière générale, S&P tout comme l'agence de notation Moody's ne considèrent pas qu'un Etat fait défaut s'il manque un paiement auprès de ses créanciers publics, comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale ou une banque centrale.

Si la Grèce ne payait pas la BCE, «Standard & Poor's n'abaisserait pas la note souveraine de la Grèce à +SD+» (défaut sélectif) mais pourrait quand même la faire descendre au dessous du niveau actuel CCC, précise l'agence.

«A notre connaissance, la BCE a gardé la totalité des obligations d'Etat qu'elle a reçus durant une opération d'échange (swap) en 2012. C'est pourquoi le non-paiement de ces obligations n'affecterait pas directement les créanciers privés», argumente S&P's.

Un des principales agences concurrentes de S&P, Moody's expiquait fin mai que «dans le cas de la Grèce, Moody's n'attribue pas de note aux obligations actuellement détenues par la BCE».

La Grèce, dont les caisses de l'Etat sont vides, fait face à plus plusieurs échéances difficiles d'ici la fin de l'été, dont le paiement conditionne l'obtention de 7,2 milliards d'aide.

Les créanciers de la Grèce, le FMI, la BCE et les Etats européens, ne parviennent pas depuis plus de quatre mois à trouver un accord avec le gouvernement dirigé par le parti de gauche Syriza sur les réformes dont ils exigent la mise en oeuvre pour une poursuite de l'aide à Athènes.

Athènes doit rembourser 1,6 milliard d'euros au FMI le 30 juin ainsi que 6,7 milliards en deux tranches à la BCE, la première de 3,45 milliards le 20 juillet et la deuxième de 3,2 milliards le 20 août.

Mais pour autant, même si les agences de notation financière ne déclarait pas la Grèce en défaut formel si elle ne payait pas ses dettes au FMI et à la BCE, Athènes se retrouverait sans doute dans la situation financière inextricable d'un état insolvable.

Si la Grèce ratait l'échéance de fin juin, le FMI ne lui verserait probablement plus d'aide. La BCE pourrait de son côté mettre un terme aux liquidités d'urgence (ELA) qu'elle accorde aux banques grecques, ce qui mettrait rapidement ces établissements dans des situations intenables, notamment si les épargnants se mettent à retirer massivement leurs fonds («bankrun»).