Quatre façons de lire les chiffres du chômage

REACTIONS Polémique après la publication des statistiques officiels passés sous le «cap symbolique» des 2 millions de demandeurs d'emploi en mai...

JH, avec AFP

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Le chômage est passé sous le "cap symbolique" des 2 millions de demandeurs d'emploi en mai, avec un taux ramené à 8,1%, de "bons chiffres" salués par la nouvelle ministre de l'Emploi, Christine Lagarde, alors que vient de s'engager un examen sur le calcul, contesté, du chômage.
Le chômage est passé sous le "cap symbolique" des 2 millions de demandeurs d'emploi en mai, avec un taux ramené à 8,1%, de "bons chiffres" salués par la nouvelle ministre de l'Emploi, Christine Lagarde, alors que vient de s'engager un examen sur le calcul, contesté, du chômage. — AFP/Infographie

Il y a quatre façons de lire les chiffres officiels du chômage, présentés jeudi, passés sous le «cap symbolique» des 2 millions de demandeurs d'emploi en mai.

L’optimiste. La nouvelle ministre de l'Emploi, Christine Lagarde, a salué de «bons chiffres».

La polémique. Comme à chaque livraison du baromètre du chômage, l'ampleur de la baisse est discutée et les indicateurs mis en cause. Y compris par des statisticiens au sein même du ministère de l'Emploi et de l'Insee, ou d'associations comme Autres chiffres du Chômage.

«Les chiffres officiels du chômage ne sont plus des indicateurs fiables», a déclaré vendredi Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, en évaluant pour sa part à «cinq millions le nombre de personnes au chômage ou en sous-emploi» en France. Selon lui, la nouvelle baisse enregistrée dans les chiffres officiels du mois de mai est notamment liée à «une augmentation des radiations ou des personnes dispensées de recherche d'emploi» et en réalité, «il y a cinq millions de personnes au chômage ou en sous-emploi».

La pessimiste. «Les chiffres sont déjà contestables en soi», mais en plus «ils ne permettent pas d'apprécier la qualité des emplois», a ajouté Thibault. L'une des caractéristiques de ceux qui retrouvent du travail est que ce sont des emplois d'une durée de moins de six mois». «Il y a en fait une explosion de la précarité et de l'instabilité de l'emploi», conclut-il. C’est le constat établi la veille par le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, qui a souligné que le nombre de radiations (de chômeurs des listes de l'ANPE) avait augmenté de plus de 5%, et a mis en cause la qualité des emplois créés, «précaires, voire très précaires».

La «on calme le jeu». «Pour la première fois, on est à moins de deux millions, mais on est encore trop haut. On va y arriver, il n'y a aucune raison que les autres pays réussissent et nous, non», a déclaré le chef de l'Etat devant des ouvriers du BTP, lors d'une visite de chantier. Et pour couper court à cette polémique sur les méthodes de calcul, le gouvernement lui-même a commandé la semaine dernière un rapport «pour faire le point sur les modalités de calcul» et «faire toute la transparence» sur ces chiffres.